Kiefer Sutherland chez PLAYBOY

Posté par kiefersutherlandnews le 29 avril 2011

INTERVIEW PLAY BOY : KIEFER SUTHERLAND Une conversation franche avec la star vedette de 24 sur ce qui s’est réellement passé entre Julia Roberts et lui, sur le pire des conseils qu’il ait reçu de son père et pourquoi sa série est comme le jeu « Dynasty » sur crack. playboy2002.jpgJamais personne n’a connu de pires journées que celles de Jack Bauer. Pour le personnage principal de 24 – Série phare de la chaîne Fox qui se déroule en temps réel, avec des épisodes d’une durée de 60 minutes qui représentent la journée de 24 h de Jack Bauer – Chacune des heures sont angoissantes, avec de de plus en plus de morts, de désastres et des problèmes familiaux que même Sopranos ne  peut pas connaître en un an. Avec Kiefer Sutherland en tant qu’atout clé  de la Cellule Antiterroriste américaine, la série, dans la première saison, traite à la fois d’un complot visant à assassiner le candidat à la présidence des Etats-Unis, de l’enlèvement de la fille de Jack Bauer et du meurtre de sa femme. La seconde saison, inclut l’explosion d’une bombe nucléaire dans le désert du Mojave. Ainsi que tous ceux qui gravitent autour de Jack Bauer, pendant les rares moments calmes où se déroule l’action. Pour cette saison, il essaye d’empêcher qu’un virus mortel soit libéré sur le sol américain. Pour Sutherland, 24, est probablement une seconde chance – C’est un homme de premier plan dans les années 80, il est un membre non-officiel de la Brat Pack (une troupe de jeunes acteurs américains dont la carrière décolle dans les années 1980), comme Robe Lowe, Emilio Estevez et Sean Penn – Trouver des rôles de héros dans les années 90 s’avère plus difficile. Sa popularité connait un tournant majeur quand sa petite amie Julia Roberts le laisse tomber quelques jours avant leur très médiatique mariage. Provocant une déferlante de fureur incroyable dans la presse qui n’est pas sans rappeler l’épisode de Ben et J. Lo .Alors que la carrière de Sutherland est à son apogée durant sa  vingtième année, il est relégué progressivement vers des rôles excentriques et de psychopathes qui sont dût en partie par des films tels que « A Time to Kill ». Maintenant avec 24, il redevient un héros, une vedette de la télé à une époque où la plupart des séries misent sur une équipe plutôt que sur une personne. Le succès de 24 n’entame  pas pour autant sa carrière au cinéma, avec Taking Lives (destins violés), où il joue au côté d’Angelina Jolie, et qui sortira ce mois-ci. Né à Londres, le 21 décembre 1966, sous le nom de Kiefer William Frederick Dempsey George Rufus Sutherland (c’est son père, l’acteur Donald Sutherland, qui les lui a donnés ainsi que sept autres noms à sa sœur jumelle), il a grandi à Toronto. La mère de Kiefer, Shirley Douglas, est une actrice et une activiste politique. Ses parents se sont séparés quand lui et sa sœur avaient 4 ans. Sutherland était un gamin vif et provocateur qui décida de quitter l’école avant ses 16 ans. Il a vécu comme un fugitif, dormant dans des parkings ou chez différents amis jusqu’à ce que son père accepte de l’aider à s’en sortir mais avec la promesse qu’il se réinscrive à l’école. Et il le fit, mais Sutherland auditionne également pour un essai dans un film et fini par atterrir en tête d’affiche d’un film canadien de renommée mondiale, The Bay Boy. L’école est soudainement devenue pour lui une voie sans issue. Sutherland quitte le Canada pour tourner dans des spots publicitaires à New York. A l’âge de 18 ans, il roule vers Los Angeles, où il partage un appartement avec quatre autres jeunes acteurs, incluant Robert Downey Jr et Sarah Jessica Parker. Il se fait rapidement un nom grâce à deux films en 1986, At close range, avec Sean Penn et Christopher Walken et Stand by Me, où il interprète un voyou d’une petite ville. Les autres films notables sont : The Lost Boys, Young Guns, Flatliners, A few Good Men, The Cowboy Way and Dark city. Après avoir rodeophoto1.jpg appris à monter à cheval et le maniement du lasso, Sutherland décide de faire un break en tant qu’acteur et décide de se consacrer à des compétitions de rodéos : Il gagne sa première compétition à Phoenix. Il vit dans un ranch dans le Montana pendant six ans, où il devient propriétaire d’un ranch de 500 têtes de bétail en Californie centrale pendant un certain temps avant de retourner à Los Angeles. A 20 ans, il se marie avec Camelia Kath, ils auront une fille ensemble, Sarah, mais le mariage ne tient pas. En 1991, Sutherland se fiance avec Julia Roberts, qu’il a rencontrée sur le tournage de Flatliners. Sutherland se marie une nouvelle fois en 1996 pour finalement se séparer. 

PLAYBOY a envoyé son collaborateur de la rédaction, Lawrence Grobel, parler avec Sutherland pendant le tournage de 24 pour voir si sa vrai vie est aussi intense que celle portée à l’écran.

playboy3.bmp playboy2.bmp playboy1.bmp

PLAYBOY : Vous êtes à mi-chemin de la 3ème saison de 24 ? N’êtes-vous pas épuisé ? 

SUTHERLAND : Non, j’aime l’idée que Jack est en train de mener le jeu en ce moment. C’est un changement important dans la nature de notre spectacle.  PLAYBOY : Voulez-vous dire que cette fois votre personnage est moins victime ? 

SUTHERLAND : L’une des principales différences cette année est que, avant, Jack était tenu  en dehors de tous les secrets et n’avait pas connaissance de la présence de taupes : Maintenant, c’est Jack qui est au  cœur du secret. L’histoire traite d’un virus qui aurait été introduit aux Etats-Unis depuis le Mexique dans un sac de cocaïne. Jack est le seul à savoir ce qui se passe. Personne d’autre ne le sait, pas même le Président. Cette opération est quelque chose qu’il a voulu mener à bien. Dans le 8ème ou 9ème épisode, il finit par tout révéler sur ce qui se passe au Président. 

PLAYBOY : Il lui dit pour le virus ? 

SUTHERLAND : Oui, et comment il est arrivé  à l’obtenir – Tout jusqu’à un certain point -  sur ce qu’il a été et sur ce qu’il a du faire – Tout a été un mensonge.  PLAYBOY : Et que se passe-t-il ? 

SUTHERLAND : Pas grand-chose à vrai dire, excepté qu’il y aura quelques grandes surprises. Pour l’heure, nous avons seulement une idée générale vers où nous souhaitons nous diriger pour les six épisodes à venir. Personne ne sait encore l’issue du sixième. 

PLAYBOY : N’est-il pas trop difficile de rester fidèle à  la série en voulant aller toujours plus loin ? 

SUTHERLAND : Nous flirtons toujours avec ça. C’est comme dans le jeu  Dynasty sur crack.  PLAYBOY : Voyez-vous Jack Bauer comme un super héros ?

SUTHERLAND : Non, c’est l’opposé. J’aime le fait qu’il soit un gars très compétent dans son job et qu’il s’efforce de sauver son mariage qui ne marche pas. Il est en charge de la sécurité de la nation et a en même temps du mal à gérer sa fille de 16 ans. J’adore cette idée.

PLAYBOY : Etiez-vous contre l’idée de fin de la première saison, avec le meurtre de votre femme ?

 SUTHERLAND : Oui, absolument. Mais j’avais tort, j’ai appris que la réalisation de la série n’est pas une démocratie. Il y a un ordre hiérarchique, et je suis en troisième ou quatrième ligne.  PLAYBOY : Est-ce que c’est vrai que vous avez voulu que Jack meure à la fin de la deuxième saison. 

SUTHERLAND : Non, j’aimerais continuer le plus longtemps possible. Mais est-ce que je pense que Jack doit mourir au moment où on s’y attend le moins ? Ouai. Cela deviendra évident lorsque les gens commenceront par dire, « Oh, s’il vous plait, encore combien d’autres mauvaises journées ce mec devra-t-il encore supporter ? La vraie star dans cette série est le format du temps. La seule manière pour la série de continuer c’est de garder le  temps réel, comme la loi et l’ordre, en changeant le casting. 

PLAYBOY : Avant 24, votre carrière au cinéma a été marquée par des personnages psychopathes, ratés et exclus.  SUTHERLAND : C’est l’histoire d’une vie PLAYBOY : Vous êtes arrivé au statut de héro, un leader. 

SUTHERLAND : C’est l’une des quelques opportunités que j’ai pu avoir. Je ne ressemble pas au héro typique en soi. Ce n’est pas comme si je ne pouvais pas le faire pendant 5 ou dix ans. C’est juste que la situation ne se soit pas présentée. 

PLAYBOY : Est-ce que votre série vous aura marqué à jamais ? 

SUTHERLAND : Pas comme Ray Romano a pu l’être pour sa série, mais je vais bien.  PLAYBOY : Vous êtes la seconde génération d’acteur dans votre famille. Est-il vrai qu’avant l’âge de 18 ans, vous ne voyiez pas votre père en tant qu’acteur ?

 Kiefer Sutherland chez PLAYBOY donald-sutherlandSUTHERLAND : J’étais resté chez un ami de la famille qui avait pas mal de films de mon père. J’ai regardé Kelly’s Heroes, MASH, Don’t Look Now, The eagle Has Landed, Fellini’s Casanova et Start the Revolution Without Me. J’ai vu Eye of the Needle, Ordinary People et The dirty Dozen. Je me souviens avoir ressentie un grand malaise en tant que fils de ne pas avoir realisé combien mon père était excellent. Je l’ai appelé pour le lui dire. J’étais tellement bouleversé de n’avoir pas avoir compris plus tôt son énorme talent. 

PLAYBOY : Quel conseil votre père vous a-t-il donné pour vous aider dans votre carrière d’acteur ?  SUTHERLAND : Ne jamais être surpris en train de mentir. PLAYBOY : Comment pouvez-vous savoir que vous mentez pendant que vous jouez ? 

SUTHERLAND : Vous le sentez. Si vous en faites trop, en sur jouant une scène, vous vous rendez compte quand vous faites des conneries. Ou quand vous êtes paresseux, vous le verrez  tout aussi bien. 

PLAYBOY : Ne vous a-t-il jamais donné d’autres conseils ? 

SUTHERLAND : Ah si, il m’a donné, une fois, un horrible conseil alors que j’allais me marier. C’est une histoire douce et drôle à la fois. Je me suis marié alors que j’étais très jeune, j’avais 20 ans. J’aimais cette personne, mais j’étais trèspayboycamelia.bmp nerveux à l’idée de faire le grand saut. Nous étions au Québec, où mon père a une ferme fantastique, nous nous promenions à travers champs. Je lui ai demandé ce qu’il en pensait. Il a dit, « Ce sera génial. Tu seras un peu comme le maître d’hôtel à l’approche de ton mariage. Et par la suite tu prendras plaisir à mettre du dentifrice sur la brosse à dent de ta femme, et de faire la cuisine pour elle. C’est vraiment formidable » Je l’ai regardé de travers et lui dit, « C’est quoi ces conneries que tu me racontes ? Quoi qu’il en soit, je me suis marié, et j’ai eu une très jolie petite fille, mais mon mariage n’a pas tenu très longtemps, à peine 18 mois. Environ quatre ans plus tard, j’étais en train de travailler avec quelqu’un qui bossait pour mon père durant quelques années, et je lui ait parlé de cette histoire. Il a dit, « Ouai, ton père m’a parlé de cette question et de sa réponse. J’ai dit, « Pourquoi diable lui as-tu dis ça ? et il a dit, « Je ne sais pas. Je ne savais pas quoi dire !». J’aime mon père pour çà. Vous faites de votre mieux et parfois vous devez improviser. Dire certaines choses ne sont pas évidentes – « Oh, mon cœur, je pense que tu fais la pire erreur de ta vie » – C’est très dur de dire ce qu’on pense vraiment à la personne qui est très excité par ce projet. Mais cette histoire me fait rire.  PLAYBOY : Ensuite vient ce terrible fiasco public des préparatifs de votre mariage en 1991 quand vos fiançailles avec Julia Roberts ont été annulées quelques jours avant la cérémonie. Quand vous lisez des articles sur Billy Bob et Angelina, ou Ben et J. Lo, avez-vous le sentiment « d’avoir été là juste pour ça » ? 

SUTHERLAND : Je sais ce que c’est que de tomber amoureux de quelqu’un et de tout banaliser. Je sais aussi que Julia a fait ce que, involontairement, je souhaitais aussi. Vous ne pouvez tout simplement plus continuer à faire toutes ces interviews et dire combien c’est merveilleux et fantastique d’être ensemble, alors que cinq jours avant le mariage tout part en morceaux. Je pouvais voir comme une vague  se formée au-dessus de nos têtes quand nous avons rompu. Je savais que nous aurions à retenir notre souffle, parce que ça allait faire mal. Et ça a été ainsi. Mais, comme quand on se fait frapper par une vague assez violente, et si vous savez rester zen, elle tournera tout autour de vous et finira par vous recracher. Par contre si vous le combattez, vous vous noyez. Je me sens très mal pour tous les couples qui tentent de faire face à ces difficultés. 

PLAYBOY : Quand vous vous êtes séparés, vous étiez en état de choc ? 

SUTHERLAND : En fait, j’ai été un peu plus surpris qu’elle. Mais elle fait le bon choix. J’ai passé deux ans avec elle parce que je l’aimais, elle comptait plus que tout pour moi  à cette époque. Nous nous sommes rencontrés quand nous tournions sur Flatliners, et puis Pretty Woman est arrivé. Ce fut une ascension incroyable pour elle. Et elle m’a très justement dit: «Je ne pense pas que ce mariage soit une bonne chose » ç’a été très courageux de sa part, surtout sachant les attentes du public pour ce mariage.  PLAYBOY : Cette rupture a dut être spectaculaire ? Y a-t-il eu des cris, des larmes, de la vaisselle cassée ? 

SUTHERLAND : Non, ça été très rapide 

PLAYBOY : Qu’avez-vous ressenti ? 

SUTHERLAND : Je ne sais pas vraiment sur le « ressenti ». Mais nous étions tous les deux blessés. J’étais triste. Je ne suis pas une personne très facile à vivre, et cela m’a obligé à me remettre en question comme jamais je ne l’avais fait.  PLAYBOY : Elle ne semble pas être non plus une personne facile, si vous regardez un peu sa vie depuis. 

SUTHERLAND : A l’époque où nous étions ensemble, je dois dire qu’elle était la personne la plus drôle que j’ai pu connaître. Maintenant je ne sais pas, on ne s’est pas reparlé. Nos vies ont pris des chemins différents. Mais avant, je pensais qu’elle était géniale. 

PLAYBOY : Est-ce que vous suivez sn travail ? 

SUTHERLAND : J’ai trouvé qu’elle était fantastique dans Erin Brockowitch PLAYBOY : Vous avez été marié à Kelly Winn en 1996. Pourquoi vouloir vous marier plutôt que de vivre ensemble toutkerry17.jpg_e_f3a7c2adba52315d6ab61b83a2cd478e simplement ? 

SUTHERLAND : Kelly était celle avec qui je voulais être. Je voulais un mariage sympa. J’ai payé pour ça. 

PLAYBOY : Quelle est la pire chose que vous ayez faite à une personne que vous aimiez ? 

SUTHERLAND : J’ai menti. J’ai menti à ma mère. A mon second mariage, à ma femme. Elle était ma meilleure amie, et je l’ai blessé.  PLAYBOY : Vos mensonges vous ont-ils impliqué avec une autre femme ? 

SUTHERLAND : Oui. 

PLAYBOY : Ne faut-il pas parfois préférer le mensonge à la vérité qui pourrait se révéler trop douloureuse ?   

SUTHERLAND : Je ne l’aurais pas fait. Le mensonge c’est que j’ai dit, que mon comportement allait changer,  je ne l’ai pas fait. Le mensonge était déjà là au commencement.  PLAYBOY : Vous vous êtes marié jeune les deux fois. 

SUTHERLAND : Je me suis marié alors que j’avais 20 ans et ça a duré près d’un an et demi. Je me suis remarié à l’âge de 27 ans, mais  Kelly et moi, nous sommes séparés deux ans et demi plus tard. Ensuite j’ai eu une petite amie pendant un an mais pas d’autres mariages. J’ai eu seulement deux mariages. Seulement. Comme c’est stupide, non ? 

PLAYBOY : Vous avez été embarrassé à cause de ça ? SUTHERLAND : Oui. PLAYBOY : Qu’est-ce que cela vous a appris ? 

SUTHERLAND : Etre plus intelligent, J’ai compris qu’un mauvais choix fait à l’âge de vingt ans peut peser sur toute une vie, mais la deuxième fois, je m’en suis aperçu, nous sommes restés de très bons amis. J’ai élevé avec elle ses deux garçons. 

PLAYBOY : Que pensez-vous du mariage maintenant ? 

SUTHERLAND : Le mariage n’est pas quelque chose que je veux refaire. J’ai pris quelques coups sur la question, c’est fini, je me rends.  PLAYBOY : Est-ce que c’est pour ça que vous prenez des leçons de cuisine ? 

SUTHERLAND : Kelly m’a dit un truc comme ça quand je me suis installé chez moi. Elle a dit, « Crois-moi mon chéri, tu ferais mieux de commencer à apprendre à cuisiner » c’est ce que j’ai fait. 

PLAYBOY : Donc, maintenant vous savez préparer un plat ? 

SUTHERLAND : Je prenais de la drogue quand j’avais 18 ans, avant que Sarah ne naisse. J’aimais la cérémonie, le rituel autour de la préparation de la cocaïne presque autant que d’en prendre. Je l’ai fait pendant un an, j’adorais tellement ça que j’ai fini par arrêter. Je ressens la même chose pour la cuisine. C’est un moyen étonnant pour se concentrer sur autre chose. On fait tellement de chose dans une journée lorsqu’on travaille. Alors je retravaille mes dialogues dans ma tête, c’est un moment très sympa et rempli de calme.  PLAYBOY : Qu’en est-il de la dope ? 

SUTHERLAND : Il n’y en a plus. Je n’ai jamais vraiment réussi à gérer le cannabis. C’est une histoire vraiment embarrassante. Ma première expérience a eu lieu à New York. J’avais une petite amie qui m’a suggéré que le cannabis était bon pour le sexe. Alors, j’ai couru ventre à terre jusqu’à Central Park et j’ai mis tout le bazar dans un sac, je suis revenu. J’ai roulé un joint. Nous avons fumé en regardant la télé. Avant de nous en rendre compte, nous nous embrassions et faisions l’amour. J’étais complètement stone, et mon esprit a commencé à dériver vers d’autres choses – pensant à ce que je devais faire les prochains jours, quand je devais être au travail, me demandant ce que mes parents faisaient, où était ma sœur. Je pensais à tout sauf au sexe. A un moment donné je me suis dit qu’il fallait que je me concentre, et là je me suis mis à bouger très énergiquement, et j’ai pensé, Oh mon Dieu, je suis en train de tuer cette personne. Il faut que je lâche tout. C’est ce que j’ai fait. Je me souviens précisément le moment exact où nous avions commencé à nous embrasser : avant il y avait ce vendeur de voitures très drôle à la télévision, à dos d’éléphant et lorsque nous avons terminé de faire l’amour, je me suis trouvé génial et j’ai pensé que ma petite amie avait raison – c’était fantastique. Et là, je me suis retourné, et le vendeur de voitures à la télé disait au revoir. Tout cela avait eu lieu le temps d’une publicité de deux minutes. J’ai dit, « OK, le cannabis, ce n’est pas pour moi ». 

PLAYBOY : Vous aviez un ranch en Californie centrale pendant un certain temps. 

SUTHERLAND : J’en ai eu un, en effet, mais pas longtemps. J’avais 500 vaches ; nous comptions sur la naissance d’environ 450 veaux par an. J’ai dû prendre une décision: sur ce que je voulais vraiment, élever du bétail ou être un acteur? Après environ deux ans, il était clair que mon choix était fait. Je me réveillais tous les matins et je me demandais : Que vais-je apprendre sur ce  que je ne sais pas encore faire ? Je monte bien à cheval, je sais conduire un bétail, castrer un veau – mais tout ça, j’ai dû l’apprendre.  PLAYBOY : Comment est-ce que votre phase de cowboy a débuté ? 

SUTHERLAND : J’ai commencé à pratiquer le lasso à l’âge de 20 ans, depuis Young Guns. J’avais suffisamment appris pour savoir que je pouvais vraiment le faire. Lorsque j’apprenais le maniement du lasso, je voulais l’essayer sur tout. J’étais assis à mon hôtel et je lançais la corde autour du dossier d’une chaise. Une fois, j’ai attrapé une fille au lasso sur le tournage de « The Cowboy Way », elle était en train rodeophoto2.jpgd’apporter du café à un acteur, avec un bloc note dans l’autre main, et, caché derrière un poteau de téléphone, j’ai lancé une corde autour de ses deux pieds. Mais avant que je ne puisse lâcher la pression, voilà que le nœud descendit, et elle avec…. Je ne voulais pas ça. Je me suis senti tellement horrible. PLAYBOY : Comment comparez-vous votre apprentissage du maniement du lasso à toutes les choses que vous avez faites dans votre vie ? 

SUTHERLAND : Je n’ai jamais eu à finir le cycle scolaire ou aller au collège, ça me manque. La socialisation me manque. Tout d’un coup, j’ai eu 25 ans, conduisant à travers le pays, un camion qui transportait trois chevaux, en compagnie de deux drôles de gars– c’était mes années collège. 

PLAYBOY : Donc vous avez arrêté l’exploitation de votre Ranch. Vous l’avez remplacé par quoi ?  SUTHERLAND : J’ai construits un studio d’enregistrement et j’y ai mis tout ce que j’avais. J’ai une superbe collection de guitares vintage, plus d’une cinquantaine. Certaines sont dans la gamme des 20,000 $. Je les achète pour la qualité du son qu’elles donnent 

PLAYBOY : Combien de groupes avez-vous découvert et produit par le biais ce votre maison de disques, Ironworks ? 

SUTHERLAND : Je n’ai jamais produit de groupe – je ne fais que financer. Mon partenaire, Jude Cole, est le producteur. C’est un musicien de génie. Sur notre label, nous avons maintenant quatre groupes. Nous sommes en train de produire leurs albums. PLAYBOY : Vous voulez devenir un magnat de la musique ? SUTHERLAND : Cà n’a jamais été mon attention. Depuis près de 30 ans, vous avez une musique blanche en déclin et une musique urbaine afro-américaine qui domine tout. Je veux essayer d’aider à maintenir un certain équilibre. Beaucoup d’artistes ne passent pas à la radio. 

PLAYBOY : Avez-vous le sentiment qu’il y a de la discrimination dans l’industrie du disque ? 

SUTHERLAND : Ca a toujours existé. Pendant des années, la discrimination était farouchement contre les  artistes noirs. Seulement, maintenant, la donne a changé. Elle a changé parce qu’il s’est avéré que les artistes noirs ont pris sur en main leur business  pratiquement comme ce que je suis en train de faire. Ils ont dit, « Rien à foutre. Je vais vendre mes trucs dans mon quartier de l’arrière de ma voiture. » Et puis soudain, les grandes entreprises commencent à faire leur offre de 140 millions de dollars parce qu’il n’y a que ça à vendre. 

PLAYBOY : Vous vivez actuellement dans un quartier difficile de Los Angeles. Vous êtes-vous déjà senti en danger ?  SUTHERLAND : Dans mon quartier, les deux principaux gangs sont les salvadoriens et les ukrainiens. Je sortais mon chien, une nuit, et quand j’ai fait le tour d’un bloc d’immeuble, Il y avait ces types appartenant à un gang et qui sont connus pour être des mecs très dangereux. J’ai un border collier – Quand vous vous promenez dans Brentwood avec votre chien, les gosses viennent courir à vos côtés. Dans mon quartier, les gamins sont paniqués et se réfugient dans les bras de leur mère, parce que tout le monde possède un pit-bull entraîné à attaquer. J’aime cette différence. Il y a une ligne quelque part entre la Western et Vermont avenue où les chiens deviennent méchants. 

PLAYBOY : Vous vous déplacez en métro dans L.A. Est-ce que l’on vous reconnait ? 

SUTHERLAND : Oui, mais dans différentes situations – un bar, un restaurant, un hôpital – Quand quelqu’un me reconnaît, c’est : qu’est-ce tu fais là ? et, il passe son chemin, je me sens bien. Un autre me fais « Comment vas-tu ? » et je réponds « Bien, mec. On se reparle plus tard. »

PLAYBOY : Qu’en est du gars qui vous cherche des poux dans la tête pours se la raconter ?  SUTHERLAND : Ce qui se passe, hein. Eh bien, en fait, ça dépend de mon humeur, cherche moi un jour où je ne suis pas bien disposé et je pète un câble ! 

PLAYBOY : Comment vous êtes-vous retrouvé avec un tesson de bouteille dans le coude ? 

SUTHERLAND : Je vivais dans le Montana depuis près de six ans. J’ai eu une bagarre avec deux gars de l’armée. Ils m’ont botté le cul, et,… il y avait cette bouteille cassée sur le sol où nous nous sommes battus. Deux ans plus tard, je me suis cassé le poignet, je suis allé passer une radio, et ils ont vu quelque chose dans mon coude. C’était du verre. Le docteur a voulu me le retirer, mais j’ai dit, « Non, c’est cool. Laissez-le là ».  PLAYBOY : Avez-vous eu d’autres bagarres ? SUTHERLAND : Quelques-unes. Beaucoup quand j’étais jeune à l’école. La première, c’était à cause de quelqu’un qui se moquait de ma sœur, je lui ai dit d’arrêter sinon j’allais lui casser la gueule. J’avais 12 ans, et quand je me suis retourné pour partir, voilà que le gamin me  saute sur le dos – ça m’a mis hors de moi. Je l’ai saisi et me suis agrippé à lui, Je l’ai frappé à la tête à coup de genou. Il était pris de panique complètement effrayé. Je lui ai fracturé la pommette. Je savais que j’allais avoir un tas d’ennuis. Je me sentais mal pour ce que je lui avais fait. Mais je pensais aussi que maintenant plus personne ne me manquerait de respect dans cette école – J’avais une sensation de puissance incroyable. Tout cela se passait dans ma tête. Je n’ai pas eu de bagarre depuis 10 ans. J’ai perdu cinquante pourcent de mes combats. Mon dernier, j’avais 26 ans, à Toronto. J’ai blessé ce gars. Il a touché ma femme d’une manière inappropriée dans un bar sans réalisé que c’était ma femme. Je faisais une partie de billard avec lui, et ma femme était assise avec mon frère. Je lui ai dit, « Tu as un peu trop bu, je comprends, mais pour ne pas perdre la face, tu devrais t’excuser auprès de ma femme ? » « Non. » me dit-il « Dude, s’il te plais, je t’en prie. Tu n’aurais pas dû la toucher » Il me dit « C’est elle qui me l’a demandé ». Je l’ai frappé,  et il s’est écroulé, mais je ne me suis pas arrêté là. J’ai fini par payé la table de billard parce qu’il avait saigné partout. Une ambulance est venue le chercher. Je me rappelle que j’ai pleuré très tard cette nuit, et je ne suis pas du genre à pleurer beaucoup. Je me suis écrié pourquoi j’avais fait çà à ce type, j’ai eu 180 point de suture suite à ce combat où je lui ai cassé la gueule, et je ne me suis jamais senti aussi mal. Mais quand j’ai gagné le combat j’ai eu le sentiment que cette personne ne méritait pas ce qu’elle a eu. 

PLAYBOY : Vous rappelez-vous la première fois que l’on vous a botté le cul ? 

SUTHERLAND : J’étais avec un gars qui s’appelait Greg à Toronto. Nous avions 15 ans et nous voulions acheter du cannabis dans le centre-ville de Toronto, sans succès. C’est pourquoi ma première expérience sur le sujet c’est fait lorsque j’avais 18 ans à New-York. Nous étions dans un centre commercial. J’ai bu  mon premier verre, et nous avions essayé d’acheter du cannabis à un mec âgé de 20 ans. Mon pote l’a regardé et a dit que ce n’était pas du cannabis mais de l’herbe à chat. J’ai dit au type « C’est pas vrai ! Je veux que tu me redonnes mon argent » Le type me dit « Vas te faire foutre, gamin ». J’ai alors sorti un couteau à cran d’arrêt que mon ami m’avait donné, et d’un coup sec je l’ai ouvert et je lui dis « Ne cherche pas à me baiser, mec. Redonne-moi mon fric ! » Et, ça a marché. Le gars allait pour me donner l’argent, mais je n’aurais jamais dû faire ce que j’ai fait quelque temps auparavant, car je me suis lâché, « A qui crois-tu avoir affaire, putain ? et, je continuais à jurer, mes mots s’emmêlaient, et le gars réalisa bien vite que j’avais bu. Je n’ai jamais su par où le coup était parti. Mais la seule chose dont je me rappelle, c’est que je me suis réveillé. J’avais été mis KO et mon copain avait été poignardé à la jambe avec mon couteau. Le gars nous a balancé shit sur nous, et je ne me souviens de rien du tout. Nous sommes repartis chez nous en métro. Mon œil avait quintuplé de volume. Mon ami se tenait la jambe ; son pantalon était recouvert de sang. Nous sommes allés chez moi, j’ai volé une serviette hygiénique de ma sœur et des lacets de hockey ainsi que des rubans adhésifs. On avait salement ramassé cette fois-là et la seule chose que j’ai pu dire « J’aimerais apprendre à boxer comme ça ! Cétait bon. » J’ai toujours eu des réactions différentes dans de telles situations.  PLAYBOY : Combien avez-vous de tatouages et que veulent-ils dire ? 

SUTHERLAND : Les tatouages représentent une carte de ma vie. Je n’aurais besoin de personne pour parler à mes funérailles, vous aurez juste à regarder mes bras. J’en ai six. Le dernier c’est – Notre Dame de Guadalupe – il représente mon quartier ; c’est très Hispanique. Il a joué un rôle éminent dans 24. Le premier a été un symbole japonais qui représente la force. Un autre est une épée. Et il y a celui qui représente une ligne de vie Maori que j’ai fait en Nouvelle Zélande. Et j’ai aussi représenté la crête écossaise de ma famille, ainsi qu’un lierre de chardon. 

PLAYBOY : Vous continuez à faire des films. Qu’avez-vous aimé en travaillant avec Angelina Jolie dans Taking Lives ?  SUTHERLAND : C’est une personne qui est concentrée, très impliquée dans ce qu’elle fait, elle arrive à l’heure et sait  son texte. J’ai demandé une fois à Angelina, «Qu’est-ce que tu faisais au Cambodge? » elle a dit « je prenais des prises de vue là-bas. Je suis restée dans ce village après que le film fut fait. Je voulais me réveiller là-bas, il y avait cette personne le long de la route qui avait besoin qu’on lui installe un tuyau d’irrigation pour sa cabane. Le lendemain, quelqu’un lui a construit un mur de retenue d’eau. Puis le jour suivant, quelqu’un avait besoin de travailler sur un toit. Après quelques temps, j’ai sentis que je pouvais me rendre utile ». « C’était si beau. Je me suis assis en arrière, la  bouche bée, et je pensais, je veux aller au Cambodge. Je me sentais tellement inutile. Comment une belle fille comme elle comprenait cela, et de penser qu’elle pouvait leur apporter quelque chose. PLAYBOY : Vous rappelle-t-elle un peu votre mère, qui est connu pour son engagement politique ? 

playboydouglasshirley.jpgSUTHERLAND : Ma mère a passé ces sept dernières années à faire des allers retours à travers tout le Canada, montrant aux canadiens comment 12 années de politique conservatiste arrivent à les dépouiller de leur système de santé. Elle a contribué, il y a déjà quelque temps, à amener le premier gouvernement libéral de l’Ontario au pouvoir. Elle est très intelligente, très engagée et c’est une dame très forte. Elle a récemment reçu l’Ordre du Canada, c’est le plus grand honneur que vous pouvez recevoir et je portais un kilt à cette occasion. Ma mère qui n’est pas plus haute de cinq pieds deux pouces, et je vais être honnête avec vous – Elle est la seule personne qui m’effraye. 

PLAYBOY : Son père , Thomas Clement Douglas était une figure importante dans la politique canadienne. 

SUTHERLAND : Il était le leader du Nouveau Parti Démocratique. Il a tout d’abord été le Premier Ministre de Saskatchewan, où, il mit en œuvre un système de santé social de soins et qui a été adopté au niveau Fédéral.  PLAYBOY : Avez-vous grandis en portant le même intérêt sur le point de vue socialiste ? 

SUTHERLAND : J’ai la conviction que nous sommes responsables des uns des autres. 

PLAYBOY : Avez-vous conservé votre nationalité canadienne ?  SUTHERLAND : Oui PLAYBOY : Quelle est la différence entre le Canada et les Etats Unis ? 

SUTHERLAND : La réponse est simple, Nous avons 10% de votre population sur environ un quart de notre continent. Il faut qu’on travaille tous ensemble pour faire avancer notre pays. On ne peut pas faire fonctionner un pays si on laisse des gens sur le bas-côté. Cà change votre sensibilité sur tout. 

PLAYBOY : Et pourtant, avec tous ces déménagements, vous n’avez pas trouvé de lycées compatibles avec vos idées. N’avez-vous pas été viré de l’école avant votre 16ème anniversaire ? 

SUTHERLAND : J’avais demandé à partir. Je n’arrivais pas à maintenir mes notes. J’allais d’école en école, dans l’espoir de trouver un jour ma place où je me sentirai bien, dans un environnement qui pourrait m’aider. J’étais juste là où je ne voulais pas être.  PLAYBOY : Est-ce que c’était le Collège St Andrews ? 

SUTHERLAND : Non, j’ai bien aimé St Andrews, j’ai vécu là-haut. Ce fut tout de suite après que j’ai terminé ma scolarité. C’est un endroit appelé Venta, juste à l’extérieur d’Ottawa. C’était une véritable station balnéaire. Ma mère m’a dit que si je ne voulais plus aller à l’école elle pourrait tout aussi bien m’envoyer tout droit au pénitencier et épargner aux contribuables quelques dollars. 

PLAYBOY : Mais vous n’êtes pas resté. 

SUTHERLAND : Eh bien, je savais que je n’allais pas y rester. J’avais un plan B, quitter cette école et passer par Montreal pour rejoindre Toronto et essayer de me faire admettre dans une école publique. Et c’est ce que j’ai fait.  PLAYBOY : N’étiez-vous pas trop jeune pour faire çà sans le consentement de vos parents ? 

SUTHERLAND : J’ai attendu un certain temps. Je suis parti à l’âge de 15 ans, aux alentours d’octobre, et là j’ai fait en sorte de disparaître pendant deux mois jusqu’à ce j’ai 16 ans, et que je sois émancipé. A 16 ans je pouvais faire ce que je voulais. 

PLAYBOY : Mais, que s’est-il passé quand vous avez quitté Venta et disparu ? Comment ont réagi vos parents ? 

SUTHERLAND : Ils ont été horrifiés. Je savais que si je n’appelais pas ma mère, je serais mort. Dans la même journée, j’ai appelé mon père qui a été vraiment cool. Les deux ont été cool compte tenu des circonstances. Si ça m’étais arrivé à moi en tant que parent, j’aurais étranglé ma gosse. Mon père m’a offert l’avion pour que je vienne le rejoindre à Los Angles pour qu’on discute.  PLAYBOY : Et qu’avez-vous dit à votre père quand vous êtes arrivé à Los Angeles ? 

SUTHERLAND : Je luis ai dit que je voulais essayer de jouer, que je l’avais fait auparavant au Théâtre Equity avec mon frère, qui était aussi un acteur. J’ai dis à mon père, « j’irais régulièrement à l’école et considèrerais çà comme un job si tu me laisse avoir un agent et faire des auditions. » 

PLAYBOY : Vos deux parents sont acteurs. Ont-ils commencé alors qu’ils étaient ados comme vous ? 

SUTHERLAND : Non, beaucoup plus vieux. Ils étaient étudiants à l’université – mon père suivait des études d’ingénieur. Ma mère est allée en Angleterre étudier. Mon père n’a commencé sa carrière d’acteur qu’à l’âge de 30 ans. Mon père m’a donné 400 $ par mois. Je suis retourné à Toronto pour reprendre le chemin de l’école et jouer. J’ai eu un agent grâce à ma mère – A ce moment-là j’ai pensé que je n’y arriverais pas – Et il a commencé à m’envoyer passer des auditions. Moins d’un an plus tard Dan Pietrie, qui a dirigé les films Fort Apache, le Bronx, un raisin au soleil, est revenu au Canada pour faire un film sur son histoire. Il était originaire des Provinces Maritimes et il a écrit un scénario appelé The Bay Boy, qui parle d’un jeune garçon, durant la Dépression, qui est témoin d’un meurtre dans une toute petite ville maritime. C’est une histoire simple et touchante, c’était une grande opportunité pour des jeunes acteurs au Canada, et je l’ai eu.  PLAYBOY : Aviez- vous suffisamment été payé pour penser que vous pouviez vivre de cet art ? 

SUTHERLAND : J’ai reçu 30 000 $ canadien, ce qui représente environ 22 000$ américain. J’ai pensé sur le coup que je pouvais prendre ma retraite. C’était beaucoup d’argent. Ça a duré un an. Cet argent a permis d’obtenir pour ma petite amie son entrée dans le cercle  The Square Theatre School et nous a permis de nous installer dans un appartement à New York pour une année de plus. 

PLAYBOY : combien de fois ce film a-t-il été récompensé ? 

SUTHERLAND : Il a remporté 11 des 14 sélections de l’Academy  Award au Canada. J’ai été nommé meilleur acteur.  PLAYBOY : Pas longtemps après ça, vous êtes parti en voiture pour Los Angeles avec votre petite amie et vous avez vécu dedans pendant trois semaines. Ne pouviez-vous pas vous payer une chambre ? 

SUTHERLAND : J’avais fait une pub Levis à New-York, et grâce à çà j’ai pu me prendre une voiture et un chèque de banque de 2 700 $ que ma petite amie a perdu. Aussi, nous n’avions plus d’argent. Nous sommes restés dans la voiture au bord de la mer. Nous pouvions donc  prendre des douches en plein air. J’ai obtenu du travail très vite. Steven Spielberg m’a embauché pour tourner dans un épisode de Amazing  Story, qu’il a dirigé. 

PLAYBOY : Quelle belle opportunité de travailler avec Spielberg, non ? 

SUTHERLAND : Enorme. Tout ce que j’avais à faire c’était de me présenter à un rendez-vous pour du boulot et dire J’ai fait quelque chose avec Spielberg et j’obtenais le job. Cà avait plus de valeur avant que l’épisode ne sorte. Puis, Sean Penn m’a embauché pour tourner dans At Close Range. Ensuite, j’ai fait Stand By Me.  Je n’ai jamais arrêté de travailler depuis.  PLAYBOY : Quand avez-vous finalement déménagé de votre voiture ? playboysarahjessicaparker.bmp

SUTHERLAND : Autours de 1986, j’ai fini par emménager avec Robert Downey Jr et Sarah Jessica Parker. Nous vivions au-dessus de la maison de Charlie Chaplin – Très prophétique pour Bobby, qui interpréta le rôle de Chaplin plus tard – Nous étions cinq, avec Billy Zane et un autre acteur, Tom O’Brien. J’ai rencontré Billy Zane comme tous les autres ; lors d’un feuilleton télé qu’on a fait ensemble appelé, Brotherhood of Justice, et qui n’était pas très bon. Quand nous sommes revenus à Los Angeles, j’ai commencé à traîner dans le coin et j’ai finalement décidé de m’installer là. C’était comme Melrose Place.  Nous avions 18, 19 ans, beaucoup de personnes du milieu nous disaient que nous n’étions pas capables d’y arriver. Bobby n’était pas là la plupart du temps parce qu’il faisait le Saturday Night Live. Et Sarah travaillait aussi. Moi, je suis resté là deux ans et demi. 

PLAYBOY : Alors vous viviez gratis pendant deux ans et demi ? 

SUTHERLAND : Ils avaient une chambre extra, j’y allais tellement souvent que c’était devenu l’endroit où je posais mes affaires. Sarah avait un chat, on s’en occupait quand elle partait.  PLAYBOY : Quand plus tard Robert Downey a commencé à avoir des problèmes, étiez-vous toujours en contact ? playboyrobertdowney.bmp

SUTHERLAND : Nous avons dérivé chacun de notre côté, mais je me soucie beaucoup de lui. C’est l’une des personnes les plus talentueuses que j’ai jamais connu. La pire des choses que vous puissiez dire de nous, et je m’inclus dans le lot, c’est que nous sommes restés de vrai gamin. Il y a quelque chose de merveilleusement enfantin chez Bobby et j’espère que ça restera, parce que ça fait partie de sa magie en tant qu’artiste. Je n’utilise pas ce mot à la légère. Je ne me prétends pas moi-même être un artiste, mais Bobby, c’en est un. 

PLAYBOY : Qui d’autres parmi vos pairs considérez-vous comme un artiste ? 

SUTHERLAND : Sean Penn,  est la raison principale pour laquelle je suis venu ici. Penn et Tim Hutton nous ont ouvert les vannes à nous autres après leur film Tapes. Avant çà, vous aviez des acteurs plus vieux, comme John Travolta, avec Grease. Puis tout d’un coup, Sean Penn fit Fast Times at Ridgemont High, qui montrait desplayboyseanpenn.jpg moments vraiment marrants mais d’autres plus sérieux aussi ; Jennifer Jason Leigh a échappé à une tentative de viol collectif dans une pirogue. Penn a été brillant dans ce film. Dans un même temps, il a fait « Tapes », qui est à 180° à l’opposé, et il est absolument brillant pour çà. La scène où il porte Tim Hutton à l’extérieur du bâtiment est étonnante. En tant que jeune acteur, je voulais être aussi bon que ces gars-là, Sean spécialement, parce qu’il faisait passer tant de chose physiquement. J’étais impressionné pas seulement sur son effort de jeu d’acteur, mais aussi de sa consistance. Quand nous avons fait At Close Range, d’ordinaire nous nous retrouvions pour discuter avant de commencer, mais j’ai remarqué un jour qu’il était vraiment silencieux, en retrait, je lui en ai parlé un peu plus tard et il a dit qu’il avait  l’habitude d’être toujours excité sur un ensemble de choses, sortir et parler avec tout le monde, mais au moment où il doit faire sa scène, il n’avait plus d’énergie. Il a appris que certains jours, il devait rester seul afin de pouvoir canaliser son énergie et la mettre au profit de son travail. Je pensais que c’était pas con et j’en ai tiré des leçons.  PLAYBOY : C’était comment de jouer avec Jack Nicholson dans A few Good Men ? 

SUTHERLAND : Nicholson a refait en cinq prises, la scène de la cour de justice et, toutes passaient. Chacune était différente. L’assemblée était en suspens. En tant que jeune acteur morveux, je pensais, Jack Nicholson joue Jack Nicholson, c’était vraiment une chose très conne à dire. J’ai regardé comment Jack Nicholson travaillait dur pour être Jack Nicholson. J’ai adoré regarder la manière dont il faisait marcher l’ensemble : s’assoit sur la chaise, tourne autours, la caméra commence à tourner, et il était absolument tout sur le jeu d’acteur. Quand il a fini et qu’il est sorti, tout le monde est venu, « Holy, merde, tu as vu çà » et on en a parlé pendant des jours. 

PLAYBOY : Vous avez dit que vous n’étiez pas un artiste, est-ce qu’il n’ y a aucune forme d’art dans le fait de jouer dans une série comme 24 ? 

SUTHERLAND : Après le 11 septembre, quand nous avons regardé ces pompiers, ces flics, les ouvriers du bâtiment, les docteurs, les urgentistes  se battre pour sauver des vies, ils semblaient tous avoir tous un but. Et moi, qu’est-ce que je fais ? Je joue pour gagner ma vie. J’ai commencé à me questionner, Qu’ai-je fait de ma vie ? Durant une semaine je me suis sentis inutile, je séjournais à l’hôtel parce que je vivais toujours au Canada. Nous avions diffusé quatre épisodes, et j’ai pensé que c’était carrément stupide. Un gars est venu vers moi et m’a dit, «  Hey mec, j’ai regardé ta série, c’était impressionnant », j’ai pensé, comment diable pouvait-il me dire çà, à un moment pareil ? Et c’est alors que ça m’a frappé, le fait qu’il était tout aussi important de faire n’importe quoi pour redonner de l’espoir aux gens un sentiment de sécurité et même s’il ne s’agit que d’une heure. Juste donner un peu d’oxygène à nos vies. Je suis content de çà.    logoplayboy.jpg

 playboy.jpg playboy1.jpg playboy2.jpg playboy3.jpg playboy4.jpg playboy5.jpg    Merci à JennyAlice pour la matière première (MONKIEF)

2 Réponses à “Kiefer Sutherland chez PLAYBOY”

  1. kief dit :

    Merci pour la traduction, je l’avais lu en anglais mais il restait des points un peu flou, vraiment beau travail et merci,

  2. Merci beaucoup Kief,
    Je suis en train d’en traduire d’autres en particuliers sur Ironworks Music,
    A bientôt et bon Week end

    Calipso

Laisser un commentaire

 

Play it again, Sam |
CABINE OF THE DEAD |
film streaming |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | inderalfr
| PASSION MARILYN M.
| Manga-zone