Kiefer Sutherland chez PLAYBOY

Posté par kiefersutherlandnews le 29 avril 2011

INTERVIEW PLAY BOY : KIEFER SUTHERLAND Une conversation franche avec la star vedette de 24 sur ce qui s’est réellement passé entre Julia Roberts et lui, sur le pire des conseils qu’il ait reçu de son père et pourquoi sa série est comme le jeu « Dynasty » sur crack. playboy2002.jpgJamais personne n’a connu de pires journées que celles de Jack Bauer. Pour le personnage principal de 24 – Série phare de la chaîne Fox qui se déroule en temps réel, avec des épisodes d’une durée de 60 minutes qui représentent la journée de 24 h de Jack Bauer – Chacune des heures sont angoissantes, avec de de plus en plus de morts, de désastres et des problèmes familiaux que même Sopranos ne  peut pas connaître en un an. Avec Kiefer Sutherland en tant qu’atout clé  de la Cellule Antiterroriste américaine, la série, dans la première saison, traite à la fois d’un complot visant à assassiner le candidat à la présidence des Etats-Unis, de l’enlèvement de la fille de Jack Bauer et du meurtre de sa femme. La seconde saison, inclut l’explosion d’une bombe nucléaire dans le désert du Mojave. Ainsi que tous ceux qui gravitent autour de Jack Bauer, pendant les rares moments calmes où se déroule l’action. Pour cette saison, il essaye d’empêcher qu’un virus mortel soit libéré sur le sol américain. Pour Sutherland, 24, est probablement une seconde chance – C’est un homme de premier plan dans les années 80, il est un membre non-officiel de la Brat Pack (une troupe de jeunes acteurs américains dont la carrière décolle dans les années 1980), comme Robe Lowe, Emilio Estevez et Sean Penn – Trouver des rôles de héros dans les années 90 s’avère plus difficile. Sa popularité connait un tournant majeur quand sa petite amie Julia Roberts le laisse tomber quelques jours avant leur très médiatique mariage. Provocant une déferlante de fureur incroyable dans la presse qui n’est pas sans rappeler l’épisode de Ben et J. Lo .Alors que la carrière de Sutherland est à son apogée durant sa  vingtième année, il est relégué progressivement vers des rôles excentriques et de psychopathes qui sont dût en partie par des films tels que « A Time to Kill ». Maintenant avec 24, il redevient un héros, une vedette de la télé à une époque où la plupart des séries misent sur une équipe plutôt que sur une personne. Le succès de 24 n’entame  pas pour autant sa carrière au cinéma, avec Taking Lives (destins violés), où il joue au côté d’Angelina Jolie, et qui sortira ce mois-ci. Né à Londres, le 21 décembre 1966, sous le nom de Kiefer William Frederick Dempsey George Rufus Sutherland (c’est son père, l’acteur Donald Sutherland, qui les lui a donnés ainsi que sept autres noms à sa sœur jumelle), il a grandi à Toronto. La mère de Kiefer, Shirley Douglas, est une actrice et une activiste politique. Ses parents se sont séparés quand lui et sa sœur avaient 4 ans. Sutherland était un gamin vif et provocateur qui décida de quitter l’école avant ses 16 ans. Il a vécu comme un fugitif, dormant dans des parkings ou chez différents amis jusqu’à ce que son père accepte de l’aider à s’en sortir mais avec la promesse qu’il se réinscrive à l’école. Et il le fit, mais Sutherland auditionne également pour un essai dans un film et fini par atterrir en tête d’affiche d’un film canadien de renommée mondiale, The Bay Boy. L’école est soudainement devenue pour lui une voie sans issue. Sutherland quitte le Canada pour tourner dans des spots publicitaires à New York. A l’âge de 18 ans, il roule vers Los Angeles, où il partage un appartement avec quatre autres jeunes acteurs, incluant Robert Downey Jr et Sarah Jessica Parker. Il se fait rapidement un nom grâce à deux films en 1986, At close range, avec Sean Penn et Christopher Walken et Stand by Me, où il interprète un voyou d’une petite ville. Les autres films notables sont : The Lost Boys, Young Guns, Flatliners, A few Good Men, The Cowboy Way and Dark city. Après avoir rodeophoto1.jpg appris à monter à cheval et le maniement du lasso, Sutherland décide de faire un break en tant qu’acteur et décide de se consacrer à des compétitions de rodéos : Il gagne sa première compétition à Phoenix. Il vit dans un ranch dans le Montana pendant six ans, où il devient propriétaire d’un ranch de 500 têtes de bétail en Californie centrale pendant un certain temps avant de retourner à Los Angeles. A 20 ans, il se marie avec Camelia Kath, ils auront une fille ensemble, Sarah, mais le mariage ne tient pas. En 1991, Sutherland se fiance avec Julia Roberts, qu’il a rencontrée sur le tournage de Flatliners. Sutherland se marie une nouvelle fois en 1996 pour finalement se séparer. 

PLAYBOY a envoyé son collaborateur de la rédaction, Lawrence Grobel, parler avec Sutherland pendant le tournage de 24 pour voir si sa vrai vie est aussi intense que celle portée à l’écran.

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PLAYBOY : Vous êtes à mi-chemin de la 3ème saison de 24 ? N’êtes-vous pas épuisé ? 

SUTHERLAND : Non, j’aime l’idée que Jack est en train de mener le jeu en ce moment. C’est un changement important dans la nature de notre spectacle.  PLAYBOY : Voulez-vous dire que cette fois votre personnage est moins victime ? 

SUTHERLAND : L’une des principales différences cette année est que, avant, Jack était tenu  en dehors de tous les secrets et n’avait pas connaissance de la présence de taupes : Maintenant, c’est Jack qui est au  cœur du secret. L’histoire traite d’un virus qui aurait été introduit aux Etats-Unis depuis le Mexique dans un sac de cocaïne. Jack est le seul à savoir ce qui se passe. Personne d’autre ne le sait, pas même le Président. Cette opération est quelque chose qu’il a voulu mener à bien. Dans le 8ème ou 9ème épisode, il finit par tout révéler sur ce qui se passe au Président. 

PLAYBOY : Il lui dit pour le virus ? 

SUTHERLAND : Oui, et comment il est arrivé  à l’obtenir – Tout jusqu’à un certain point -  sur ce qu’il a été et sur ce qu’il a du faire – Tout a été un mensonge.  PLAYBOY : Et que se passe-t-il ? 

SUTHERLAND : Pas grand-chose à vrai dire, excepté qu’il y aura quelques grandes surprises. Pour l’heure, nous avons seulement une idée générale vers où nous souhaitons nous diriger pour les six épisodes à venir. Personne ne sait encore l’issue du sixième. 

PLAYBOY : N’est-il pas trop difficile de rester fidèle à  la série en voulant aller toujours plus loin ? 

SUTHERLAND : Nous flirtons toujours avec ça. C’est comme dans le jeu  Dynasty sur crack.  PLAYBOY : Voyez-vous Jack Bauer comme un super héros ?

SUTHERLAND : Non, c’est l’opposé. J’aime le fait qu’il soit un gars très compétent dans son job et qu’il s’efforce de sauver son mariage qui ne marche pas. Il est en charge de la sécurité de la nation et a en même temps du mal à gérer sa fille de 16 ans. J’adore cette idée.

PLAYBOY : Etiez-vous contre l’idée de fin de la première saison, avec le meurtre de votre femme ?

 SUTHERLAND : Oui, absolument. Mais j’avais tort, j’ai appris que la réalisation de la série n’est pas une démocratie. Il y a un ordre hiérarchique, et je suis en troisième ou quatrième ligne.  PLAYBOY : Est-ce que c’est vrai que vous avez voulu que Jack meure à la fin de la deuxième saison. 

SUTHERLAND : Non, j’aimerais continuer le plus longtemps possible. Mais est-ce que je pense que Jack doit mourir au moment où on s’y attend le moins ? Ouai. Cela deviendra évident lorsque les gens commenceront par dire, « Oh, s’il vous plait, encore combien d’autres mauvaises journées ce mec devra-t-il encore supporter ? La vraie star dans cette série est le format du temps. La seule manière pour la série de continuer c’est de garder le  temps réel, comme la loi et l’ordre, en changeant le casting. 

PLAYBOY : Avant 24, votre carrière au cinéma a été marquée par des personnages psychopathes, ratés et exclus.  SUTHERLAND : C’est l’histoire d’une vie PLAYBOY : Vous êtes arrivé au statut de héro, un leader. 

SUTHERLAND : C’est l’une des quelques opportunités que j’ai pu avoir. Je ne ressemble pas au héro typique en soi. Ce n’est pas comme si je ne pouvais pas le faire pendant 5 ou dix ans. C’est juste que la situation ne se soit pas présentée. 

PLAYBOY : Est-ce que votre série vous aura marqué à jamais ? 

SUTHERLAND : Pas comme Ray Romano a pu l’être pour sa série, mais je vais bien.  PLAYBOY : Vous êtes la seconde génération d’acteur dans votre famille. Est-il vrai qu’avant l’âge de 18 ans, vous ne voyiez pas votre père en tant qu’acteur ?

 Kiefer Sutherland chez PLAYBOY donald-sutherlandSUTHERLAND : J’étais resté chez un ami de la famille qui avait pas mal de films de mon père. J’ai regardé Kelly’s Heroes, MASH, Don’t Look Now, The eagle Has Landed, Fellini’s Casanova et Start the Revolution Without Me. J’ai vu Eye of the Needle, Ordinary People et The dirty Dozen. Je me souviens avoir ressentie un grand malaise en tant que fils de ne pas avoir realisé combien mon père était excellent. Je l’ai appelé pour le lui dire. J’étais tellement bouleversé de n’avoir pas avoir compris plus tôt son énorme talent. 

PLAYBOY : Quel conseil votre père vous a-t-il donné pour vous aider dans votre carrière d’acteur ?  SUTHERLAND : Ne jamais être surpris en train de mentir. PLAYBOY : Comment pouvez-vous savoir que vous mentez pendant que vous jouez ? 

SUTHERLAND : Vous le sentez. Si vous en faites trop, en sur jouant une scène, vous vous rendez compte quand vous faites des conneries. Ou quand vous êtes paresseux, vous le verrez  tout aussi bien. 

PLAYBOY : Ne vous a-t-il jamais donné d’autres conseils ? 

SUTHERLAND : Ah si, il m’a donné, une fois, un horrible conseil alors que j’allais me marier. C’est une histoire douce et drôle à la fois. Je me suis marié alors que j’étais très jeune, j’avais 20 ans. J’aimais cette personne, mais j’étais trèspayboycamelia.bmp nerveux à l’idée de faire le grand saut. Nous étions au Québec, où mon père a une ferme fantastique, nous nous promenions à travers champs. Je lui ai demandé ce qu’il en pensait. Il a dit, « Ce sera génial. Tu seras un peu comme le maître d’hôtel à l’approche de ton mariage. Et par la suite tu prendras plaisir à mettre du dentifrice sur la brosse à dent de ta femme, et de faire la cuisine pour elle. C’est vraiment formidable » Je l’ai regardé de travers et lui dit, « C’est quoi ces conneries que tu me racontes ? Quoi qu’il en soit, je me suis marié, et j’ai eu une très jolie petite fille, mais mon mariage n’a pas tenu très longtemps, à peine 18 mois. Environ quatre ans plus tard, j’étais en train de travailler avec quelqu’un qui bossait pour mon père durant quelques années, et je lui ait parlé de cette histoire. Il a dit, « Ouai, ton père m’a parlé de cette question et de sa réponse. J’ai dit, « Pourquoi diable lui as-tu dis ça ? et il a dit, « Je ne sais pas. Je ne savais pas quoi dire !». J’aime mon père pour çà. Vous faites de votre mieux et parfois vous devez improviser. Dire certaines choses ne sont pas évidentes – « Oh, mon cœur, je pense que tu fais la pire erreur de ta vie » – C’est très dur de dire ce qu’on pense vraiment à la personne qui est très excité par ce projet. Mais cette histoire me fait rire.  PLAYBOY : Ensuite vient ce terrible fiasco public des préparatifs de votre mariage en 1991 quand vos fiançailles avec Julia Roberts ont été annulées quelques jours avant la cérémonie. Quand vous lisez des articles sur Billy Bob et Angelina, ou Ben et J. Lo, avez-vous le sentiment « d’avoir été là juste pour ça » ? 

SUTHERLAND : Je sais ce que c’est que de tomber amoureux de quelqu’un et de tout banaliser. Je sais aussi que Julia a fait ce que, involontairement, je souhaitais aussi. Vous ne pouvez tout simplement plus continuer à faire toutes ces interviews et dire combien c’est merveilleux et fantastique d’être ensemble, alors que cinq jours avant le mariage tout part en morceaux. Je pouvais voir comme une vague  se formée au-dessus de nos têtes quand nous avons rompu. Je savais que nous aurions à retenir notre souffle, parce que ça allait faire mal. Et ça a été ainsi. Mais, comme quand on se fait frapper par une vague assez violente, et si vous savez rester zen, elle tournera tout autour de vous et finira par vous recracher. Par contre si vous le combattez, vous vous noyez. Je me sens très mal pour tous les couples qui tentent de faire face à ces difficultés. 

PLAYBOY : Quand vous vous êtes séparés, vous étiez en état de choc ? 

SUTHERLAND : En fait, j’ai été un peu plus surpris qu’elle. Mais elle fait le bon choix. J’ai passé deux ans avec elle parce que je l’aimais, elle comptait plus que tout pour moi  à cette époque. Nous nous sommes rencontrés quand nous tournions sur Flatliners, et puis Pretty Woman est arrivé. Ce fut une ascension incroyable pour elle. Et elle m’a très justement dit: «Je ne pense pas que ce mariage soit une bonne chose » ç’a été très courageux de sa part, surtout sachant les attentes du public pour ce mariage.  PLAYBOY : Cette rupture a dut être spectaculaire ? Y a-t-il eu des cris, des larmes, de la vaisselle cassée ? 

SUTHERLAND : Non, ça été très rapide 

PLAYBOY : Qu’avez-vous ressenti ? 

SUTHERLAND : Je ne sais pas vraiment sur le « ressenti ». Mais nous étions tous les deux blessés. J’étais triste. Je ne suis pas une personne très facile à vivre, et cela m’a obligé à me remettre en question comme jamais je ne l’avais fait.  PLAYBOY : Elle ne semble pas être non plus une personne facile, si vous regardez un peu sa vie depuis. 

SUTHERLAND : A l’époque où nous étions ensemble, je dois dire qu’elle était la personne la plus drôle que j’ai pu connaître. Maintenant je ne sais pas, on ne s’est pas reparlé. Nos vies ont pris des chemins différents. Mais avant, je pensais qu’elle était géniale. 

PLAYBOY : Est-ce que vous suivez sn travail ? 

SUTHERLAND : J’ai trouvé qu’elle était fantastique dans Erin Brockowitch PLAYBOY : Vous avez été marié à Kelly Winn en 1996. Pourquoi vouloir vous marier plutôt que de vivre ensemble toutkerry17.jpg_e_f3a7c2adba52315d6ab61b83a2cd478e simplement ? 

SUTHERLAND : Kelly était celle avec qui je voulais être. Je voulais un mariage sympa. J’ai payé pour ça. 

PLAYBOY : Quelle est la pire chose que vous ayez faite à une personne que vous aimiez ? 

SUTHERLAND : J’ai menti. J’ai menti à ma mère. A mon second mariage, à ma femme. Elle était ma meilleure amie, et je l’ai blessé.  PLAYBOY : Vos mensonges vous ont-ils impliqué avec une autre femme ? 

SUTHERLAND : Oui. 

PLAYBOY : Ne faut-il pas parfois préférer le mensonge à la vérité qui pourrait se révéler trop douloureuse ?   

SUTHERLAND : Je ne l’aurais pas fait. Le mensonge c’est que j’ai dit, que mon comportement allait changer,  je ne l’ai pas fait. Le mensonge était déjà là au commencement.  PLAYBOY : Vous vous êtes marié jeune les deux fois. 

SUTHERLAND : Je me suis marié alors que j’avais 20 ans et ça a duré près d’un an et demi. Je me suis remarié à l’âge de 27 ans, mais  Kelly et moi, nous sommes séparés deux ans et demi plus tard. Ensuite j’ai eu une petite amie pendant un an mais pas d’autres mariages. J’ai eu seulement deux mariages. Seulement. Comme c’est stupide, non ? 

PLAYBOY : Vous avez été embarrassé à cause de ça ? SUTHERLAND : Oui. PLAYBOY : Qu’est-ce que cela vous a appris ? 

SUTHERLAND : Etre plus intelligent, J’ai compris qu’un mauvais choix fait à l’âge de vingt ans peut peser sur toute une vie, mais la deuxième fois, je m’en suis aperçu, nous sommes restés de très bons amis. J’ai élevé avec elle ses deux garçons. 

PLAYBOY : Que pensez-vous du mariage maintenant ? 

SUTHERLAND : Le mariage n’est pas quelque chose que je veux refaire. J’ai pris quelques coups sur la question, c’est fini, je me rends.  PLAYBOY : Est-ce que c’est pour ça que vous prenez des leçons de cuisine ? 

SUTHERLAND : Kelly m’a dit un truc comme ça quand je me suis installé chez moi. Elle a dit, « Crois-moi mon chéri, tu ferais mieux de commencer à apprendre à cuisiner » c’est ce que j’ai fait. 

PLAYBOY : Donc, maintenant vous savez préparer un plat ? 

SUTHERLAND : Je prenais de la drogue quand j’avais 18 ans, avant que Sarah ne naisse. J’aimais la cérémonie, le rituel autour de la préparation de la cocaïne presque autant que d’en prendre. Je l’ai fait pendant un an, j’adorais tellement ça que j’ai fini par arrêter. Je ressens la même chose pour la cuisine. C’est un moyen étonnant pour se concentrer sur autre chose. On fait tellement de chose dans une journée lorsqu’on travaille. Alors je retravaille mes dialogues dans ma tête, c’est un moment très sympa et rempli de calme.  PLAYBOY : Qu’en est-il de la dope ? 

SUTHERLAND : Il n’y en a plus. Je n’ai jamais vraiment réussi à gérer le cannabis. C’est une histoire vraiment embarrassante. Ma première expérience a eu lieu à New York. J’avais une petite amie qui m’a suggéré que le cannabis était bon pour le sexe. Alors, j’ai couru ventre à terre jusqu’à Central Park et j’ai mis tout le bazar dans un sac, je suis revenu. J’ai roulé un joint. Nous avons fumé en regardant la télé. Avant de nous en rendre compte, nous nous embrassions et faisions l’amour. J’étais complètement stone, et mon esprit a commencé à dériver vers d’autres choses – pensant à ce que je devais faire les prochains jours, quand je devais être au travail, me demandant ce que mes parents faisaient, où était ma sœur. Je pensais à tout sauf au sexe. A un moment donné je me suis dit qu’il fallait que je me concentre, et là je me suis mis à bouger très énergiquement, et j’ai pensé, Oh mon Dieu, je suis en train de tuer cette personne. Il faut que je lâche tout. C’est ce que j’ai fait. Je me souviens précisément le moment exact où nous avions commencé à nous embrasser : avant il y avait ce vendeur de voitures très drôle à la télévision, à dos d’éléphant et lorsque nous avons terminé de faire l’amour, je me suis trouvé génial et j’ai pensé que ma petite amie avait raison – c’était fantastique. Et là, je me suis retourné, et le vendeur de voitures à la télé disait au revoir. Tout cela avait eu lieu le temps d’une publicité de deux minutes. J’ai dit, « OK, le cannabis, ce n’est pas pour moi ». 

PLAYBOY : Vous aviez un ranch en Californie centrale pendant un certain temps. 

SUTHERLAND : J’en ai eu un, en effet, mais pas longtemps. J’avais 500 vaches ; nous comptions sur la naissance d’environ 450 veaux par an. J’ai dû prendre une décision: sur ce que je voulais vraiment, élever du bétail ou être un acteur? Après environ deux ans, il était clair que mon choix était fait. Je me réveillais tous les matins et je me demandais : Que vais-je apprendre sur ce  que je ne sais pas encore faire ? Je monte bien à cheval, je sais conduire un bétail, castrer un veau – mais tout ça, j’ai dû l’apprendre.  PLAYBOY : Comment est-ce que votre phase de cowboy a débuté ? 

SUTHERLAND : J’ai commencé à pratiquer le lasso à l’âge de 20 ans, depuis Young Guns. J’avais suffisamment appris pour savoir que je pouvais vraiment le faire. Lorsque j’apprenais le maniement du lasso, je voulais l’essayer sur tout. J’étais assis à mon hôtel et je lançais la corde autour du dossier d’une chaise. Une fois, j’ai attrapé une fille au lasso sur le tournage de « The Cowboy Way », elle était en train rodeophoto2.jpgd’apporter du café à un acteur, avec un bloc note dans l’autre main, et, caché derrière un poteau de téléphone, j’ai lancé une corde autour de ses deux pieds. Mais avant que je ne puisse lâcher la pression, voilà que le nœud descendit, et elle avec…. Je ne voulais pas ça. Je me suis senti tellement horrible. PLAYBOY : Comment comparez-vous votre apprentissage du maniement du lasso à toutes les choses que vous avez faites dans votre vie ? 

SUTHERLAND : Je n’ai jamais eu à finir le cycle scolaire ou aller au collège, ça me manque. La socialisation me manque. Tout d’un coup, j’ai eu 25 ans, conduisant à travers le pays, un camion qui transportait trois chevaux, en compagnie de deux drôles de gars– c’était mes années collège. 

PLAYBOY : Donc vous avez arrêté l’exploitation de votre Ranch. Vous l’avez remplacé par quoi ?  SUTHERLAND : J’ai construits un studio d’enregistrement et j’y ai mis tout ce que j’avais. J’ai une superbe collection de guitares vintage, plus d’une cinquantaine. Certaines sont dans la gamme des 20,000 $. Je les achète pour la qualité du son qu’elles donnent 

PLAYBOY : Combien de groupes avez-vous découvert et produit par le biais ce votre maison de disques, Ironworks ? 

SUTHERLAND : Je n’ai jamais produit de groupe – je ne fais que financer. Mon partenaire, Jude Cole, est le producteur. C’est un musicien de génie. Sur notre label, nous avons maintenant quatre groupes. Nous sommes en train de produire leurs albums. PLAYBOY : Vous voulez devenir un magnat de la musique ? SUTHERLAND : Cà n’a jamais été mon attention. Depuis près de 30 ans, vous avez une musique blanche en déclin et une musique urbaine afro-américaine qui domine tout. Je veux essayer d’aider à maintenir un certain équilibre. Beaucoup d’artistes ne passent pas à la radio. 

PLAYBOY : Avez-vous le sentiment qu’il y a de la discrimination dans l’industrie du disque ? 

SUTHERLAND : Ca a toujours existé. Pendant des années, la discrimination était farouchement contre les  artistes noirs. Seulement, maintenant, la donne a changé. Elle a changé parce qu’il s’est avéré que les artistes noirs ont pris sur en main leur business  pratiquement comme ce que je suis en train de faire. Ils ont dit, « Rien à foutre. Je vais vendre mes trucs dans mon quartier de l’arrière de ma voiture. » Et puis soudain, les grandes entreprises commencent à faire leur offre de 140 millions de dollars parce qu’il n’y a que ça à vendre. 

PLAYBOY : Vous vivez actuellement dans un quartier difficile de Los Angeles. Vous êtes-vous déjà senti en danger ?  SUTHERLAND : Dans mon quartier, les deux principaux gangs sont les salvadoriens et les ukrainiens. Je sortais mon chien, une nuit, et quand j’ai fait le tour d’un bloc d’immeuble, Il y avait ces types appartenant à un gang et qui sont connus pour être des mecs très dangereux. J’ai un border collier – Quand vous vous promenez dans Brentwood avec votre chien, les gosses viennent courir à vos côtés. Dans mon quartier, les gamins sont paniqués et se réfugient dans les bras de leur mère, parce que tout le monde possède un pit-bull entraîné à attaquer. J’aime cette différence. Il y a une ligne quelque part entre la Western et Vermont avenue où les chiens deviennent méchants. 

PLAYBOY : Vous vous déplacez en métro dans L.A. Est-ce que l’on vous reconnait ? 

SUTHERLAND : Oui, mais dans différentes situations – un bar, un restaurant, un hôpital – Quand quelqu’un me reconnaît, c’est : qu’est-ce tu fais là ? et, il passe son chemin, je me sens bien. Un autre me fais « Comment vas-tu ? » et je réponds « Bien, mec. On se reparle plus tard. »

PLAYBOY : Qu’en est du gars qui vous cherche des poux dans la tête pours se la raconter ?  SUTHERLAND : Ce qui se passe, hein. Eh bien, en fait, ça dépend de mon humeur, cherche moi un jour où je ne suis pas bien disposé et je pète un câble ! 

PLAYBOY : Comment vous êtes-vous retrouvé avec un tesson de bouteille dans le coude ? 

SUTHERLAND : Je vivais dans le Montana depuis près de six ans. J’ai eu une bagarre avec deux gars de l’armée. Ils m’ont botté le cul, et,… il y avait cette bouteille cassée sur le sol où nous nous sommes battus. Deux ans plus tard, je me suis cassé le poignet, je suis allé passer une radio, et ils ont vu quelque chose dans mon coude. C’était du verre. Le docteur a voulu me le retirer, mais j’ai dit, « Non, c’est cool. Laissez-le là ».  PLAYBOY : Avez-vous eu d’autres bagarres ? SUTHERLAND : Quelques-unes. Beaucoup quand j’étais jeune à l’école. La première, c’était à cause de quelqu’un qui se moquait de ma sœur, je lui ai dit d’arrêter sinon j’allais lui casser la gueule. J’avais 12 ans, et quand je me suis retourné pour partir, voilà que le gamin me  saute sur le dos – ça m’a mis hors de moi. Je l’ai saisi et me suis agrippé à lui, Je l’ai frappé à la tête à coup de genou. Il était pris de panique complètement effrayé. Je lui ai fracturé la pommette. Je savais que j’allais avoir un tas d’ennuis. Je me sentais mal pour ce que je lui avais fait. Mais je pensais aussi que maintenant plus personne ne me manquerait de respect dans cette école – J’avais une sensation de puissance incroyable. Tout cela se passait dans ma tête. Je n’ai pas eu de bagarre depuis 10 ans. J’ai perdu cinquante pourcent de mes combats. Mon dernier, j’avais 26 ans, à Toronto. J’ai blessé ce gars. Il a touché ma femme d’une manière inappropriée dans un bar sans réalisé que c’était ma femme. Je faisais une partie de billard avec lui, et ma femme était assise avec mon frère. Je lui ai dit, « Tu as un peu trop bu, je comprends, mais pour ne pas perdre la face, tu devrais t’excuser auprès de ma femme ? » « Non. » me dit-il « Dude, s’il te plais, je t’en prie. Tu n’aurais pas dû la toucher » Il me dit « C’est elle qui me l’a demandé ». Je l’ai frappé,  et il s’est écroulé, mais je ne me suis pas arrêté là. J’ai fini par payé la table de billard parce qu’il avait saigné partout. Une ambulance est venue le chercher. Je me rappelle que j’ai pleuré très tard cette nuit, et je ne suis pas du genre à pleurer beaucoup. Je me suis écrié pourquoi j’avais fait çà à ce type, j’ai eu 180 point de suture suite à ce combat où je lui ai cassé la gueule, et je ne me suis jamais senti aussi mal. Mais quand j’ai gagné le combat j’ai eu le sentiment que cette personne ne méritait pas ce qu’elle a eu. 

PLAYBOY : Vous rappelez-vous la première fois que l’on vous a botté le cul ? 

SUTHERLAND : J’étais avec un gars qui s’appelait Greg à Toronto. Nous avions 15 ans et nous voulions acheter du cannabis dans le centre-ville de Toronto, sans succès. C’est pourquoi ma première expérience sur le sujet c’est fait lorsque j’avais 18 ans à New-York. Nous étions dans un centre commercial. J’ai bu  mon premier verre, et nous avions essayé d’acheter du cannabis à un mec âgé de 20 ans. Mon pote l’a regardé et a dit que ce n’était pas du cannabis mais de l’herbe à chat. J’ai dit au type « C’est pas vrai ! Je veux que tu me redonnes mon argent » Le type me dit « Vas te faire foutre, gamin ». J’ai alors sorti un couteau à cran d’arrêt que mon ami m’avait donné, et d’un coup sec je l’ai ouvert et je lui dis « Ne cherche pas à me baiser, mec. Redonne-moi mon fric ! » Et, ça a marché. Le gars allait pour me donner l’argent, mais je n’aurais jamais dû faire ce que j’ai fait quelque temps auparavant, car je me suis lâché, « A qui crois-tu avoir affaire, putain ? et, je continuais à jurer, mes mots s’emmêlaient, et le gars réalisa bien vite que j’avais bu. Je n’ai jamais su par où le coup était parti. Mais la seule chose dont je me rappelle, c’est que je me suis réveillé. J’avais été mis KO et mon copain avait été poignardé à la jambe avec mon couteau. Le gars nous a balancé shit sur nous, et je ne me souviens de rien du tout. Nous sommes repartis chez nous en métro. Mon œil avait quintuplé de volume. Mon ami se tenait la jambe ; son pantalon était recouvert de sang. Nous sommes allés chez moi, j’ai volé une serviette hygiénique de ma sœur et des lacets de hockey ainsi que des rubans adhésifs. On avait salement ramassé cette fois-là et la seule chose que j’ai pu dire « J’aimerais apprendre à boxer comme ça ! Cétait bon. » J’ai toujours eu des réactions différentes dans de telles situations.  PLAYBOY : Combien avez-vous de tatouages et que veulent-ils dire ? 

SUTHERLAND : Les tatouages représentent une carte de ma vie. Je n’aurais besoin de personne pour parler à mes funérailles, vous aurez juste à regarder mes bras. J’en ai six. Le dernier c’est – Notre Dame de Guadalupe – il représente mon quartier ; c’est très Hispanique. Il a joué un rôle éminent dans 24. Le premier a été un symbole japonais qui représente la force. Un autre est une épée. Et il y a celui qui représente une ligne de vie Maori que j’ai fait en Nouvelle Zélande. Et j’ai aussi représenté la crête écossaise de ma famille, ainsi qu’un lierre de chardon. 

PLAYBOY : Vous continuez à faire des films. Qu’avez-vous aimé en travaillant avec Angelina Jolie dans Taking Lives ?  SUTHERLAND : C’est une personne qui est concentrée, très impliquée dans ce qu’elle fait, elle arrive à l’heure et sait  son texte. J’ai demandé une fois à Angelina, «Qu’est-ce que tu faisais au Cambodge? » elle a dit « je prenais des prises de vue là-bas. Je suis restée dans ce village après que le film fut fait. Je voulais me réveiller là-bas, il y avait cette personne le long de la route qui avait besoin qu’on lui installe un tuyau d’irrigation pour sa cabane. Le lendemain, quelqu’un lui a construit un mur de retenue d’eau. Puis le jour suivant, quelqu’un avait besoin de travailler sur un toit. Après quelques temps, j’ai sentis que je pouvais me rendre utile ». « C’était si beau. Je me suis assis en arrière, la  bouche bée, et je pensais, je veux aller au Cambodge. Je me sentais tellement inutile. Comment une belle fille comme elle comprenait cela, et de penser qu’elle pouvait leur apporter quelque chose. PLAYBOY : Vous rappelle-t-elle un peu votre mère, qui est connu pour son engagement politique ? 

playboydouglasshirley.jpgSUTHERLAND : Ma mère a passé ces sept dernières années à faire des allers retours à travers tout le Canada, montrant aux canadiens comment 12 années de politique conservatiste arrivent à les dépouiller de leur système de santé. Elle a contribué, il y a déjà quelque temps, à amener le premier gouvernement libéral de l’Ontario au pouvoir. Elle est très intelligente, très engagée et c’est une dame très forte. Elle a récemment reçu l’Ordre du Canada, c’est le plus grand honneur que vous pouvez recevoir et je portais un kilt à cette occasion. Ma mère qui n’est pas plus haute de cinq pieds deux pouces, et je vais être honnête avec vous – Elle est la seule personne qui m’effraye. 

PLAYBOY : Son père , Thomas Clement Douglas était une figure importante dans la politique canadienne. 

SUTHERLAND : Il était le leader du Nouveau Parti Démocratique. Il a tout d’abord été le Premier Ministre de Saskatchewan, où, il mit en œuvre un système de santé social de soins et qui a été adopté au niveau Fédéral.  PLAYBOY : Avez-vous grandis en portant le même intérêt sur le point de vue socialiste ? 

SUTHERLAND : J’ai la conviction que nous sommes responsables des uns des autres. 

PLAYBOY : Avez-vous conservé votre nationalité canadienne ?  SUTHERLAND : Oui PLAYBOY : Quelle est la différence entre le Canada et les Etats Unis ? 

SUTHERLAND : La réponse est simple, Nous avons 10% de votre population sur environ un quart de notre continent. Il faut qu’on travaille tous ensemble pour faire avancer notre pays. On ne peut pas faire fonctionner un pays si on laisse des gens sur le bas-côté. Cà change votre sensibilité sur tout. 

PLAYBOY : Et pourtant, avec tous ces déménagements, vous n’avez pas trouvé de lycées compatibles avec vos idées. N’avez-vous pas été viré de l’école avant votre 16ème anniversaire ? 

SUTHERLAND : J’avais demandé à partir. Je n’arrivais pas à maintenir mes notes. J’allais d’école en école, dans l’espoir de trouver un jour ma place où je me sentirai bien, dans un environnement qui pourrait m’aider. J’étais juste là où je ne voulais pas être.  PLAYBOY : Est-ce que c’était le Collège St Andrews ? 

SUTHERLAND : Non, j’ai bien aimé St Andrews, j’ai vécu là-haut. Ce fut tout de suite après que j’ai terminé ma scolarité. C’est un endroit appelé Venta, juste à l’extérieur d’Ottawa. C’était une véritable station balnéaire. Ma mère m’a dit que si je ne voulais plus aller à l’école elle pourrait tout aussi bien m’envoyer tout droit au pénitencier et épargner aux contribuables quelques dollars. 

PLAYBOY : Mais vous n’êtes pas resté. 

SUTHERLAND : Eh bien, je savais que je n’allais pas y rester. J’avais un plan B, quitter cette école et passer par Montreal pour rejoindre Toronto et essayer de me faire admettre dans une école publique. Et c’est ce que j’ai fait.  PLAYBOY : N’étiez-vous pas trop jeune pour faire çà sans le consentement de vos parents ? 

SUTHERLAND : J’ai attendu un certain temps. Je suis parti à l’âge de 15 ans, aux alentours d’octobre, et là j’ai fait en sorte de disparaître pendant deux mois jusqu’à ce j’ai 16 ans, et que je sois émancipé. A 16 ans je pouvais faire ce que je voulais. 

PLAYBOY : Mais, que s’est-il passé quand vous avez quitté Venta et disparu ? Comment ont réagi vos parents ? 

SUTHERLAND : Ils ont été horrifiés. Je savais que si je n’appelais pas ma mère, je serais mort. Dans la même journée, j’ai appelé mon père qui a été vraiment cool. Les deux ont été cool compte tenu des circonstances. Si ça m’étais arrivé à moi en tant que parent, j’aurais étranglé ma gosse. Mon père m’a offert l’avion pour que je vienne le rejoindre à Los Angles pour qu’on discute.  PLAYBOY : Et qu’avez-vous dit à votre père quand vous êtes arrivé à Los Angeles ? 

SUTHERLAND : Je luis ai dit que je voulais essayer de jouer, que je l’avais fait auparavant au Théâtre Equity avec mon frère, qui était aussi un acteur. J’ai dis à mon père, « j’irais régulièrement à l’école et considèrerais çà comme un job si tu me laisse avoir un agent et faire des auditions. » 

PLAYBOY : Vos deux parents sont acteurs. Ont-ils commencé alors qu’ils étaient ados comme vous ? 

SUTHERLAND : Non, beaucoup plus vieux. Ils étaient étudiants à l’université – mon père suivait des études d’ingénieur. Ma mère est allée en Angleterre étudier. Mon père n’a commencé sa carrière d’acteur qu’à l’âge de 30 ans. Mon père m’a donné 400 $ par mois. Je suis retourné à Toronto pour reprendre le chemin de l’école et jouer. J’ai eu un agent grâce à ma mère – A ce moment-là j’ai pensé que je n’y arriverais pas – Et il a commencé à m’envoyer passer des auditions. Moins d’un an plus tard Dan Pietrie, qui a dirigé les films Fort Apache, le Bronx, un raisin au soleil, est revenu au Canada pour faire un film sur son histoire. Il était originaire des Provinces Maritimes et il a écrit un scénario appelé The Bay Boy, qui parle d’un jeune garçon, durant la Dépression, qui est témoin d’un meurtre dans une toute petite ville maritime. C’est une histoire simple et touchante, c’était une grande opportunité pour des jeunes acteurs au Canada, et je l’ai eu.  PLAYBOY : Aviez- vous suffisamment été payé pour penser que vous pouviez vivre de cet art ? 

SUTHERLAND : J’ai reçu 30 000 $ canadien, ce qui représente environ 22 000$ américain. J’ai pensé sur le coup que je pouvais prendre ma retraite. C’était beaucoup d’argent. Ça a duré un an. Cet argent a permis d’obtenir pour ma petite amie son entrée dans le cercle  The Square Theatre School et nous a permis de nous installer dans un appartement à New York pour une année de plus. 

PLAYBOY : combien de fois ce film a-t-il été récompensé ? 

SUTHERLAND : Il a remporté 11 des 14 sélections de l’Academy  Award au Canada. J’ai été nommé meilleur acteur.  PLAYBOY : Pas longtemps après ça, vous êtes parti en voiture pour Los Angeles avec votre petite amie et vous avez vécu dedans pendant trois semaines. Ne pouviez-vous pas vous payer une chambre ? 

SUTHERLAND : J’avais fait une pub Levis à New-York, et grâce à çà j’ai pu me prendre une voiture et un chèque de banque de 2 700 $ que ma petite amie a perdu. Aussi, nous n’avions plus d’argent. Nous sommes restés dans la voiture au bord de la mer. Nous pouvions donc  prendre des douches en plein air. J’ai obtenu du travail très vite. Steven Spielberg m’a embauché pour tourner dans un épisode de Amazing  Story, qu’il a dirigé. 

PLAYBOY : Quelle belle opportunité de travailler avec Spielberg, non ? 

SUTHERLAND : Enorme. Tout ce que j’avais à faire c’était de me présenter à un rendez-vous pour du boulot et dire J’ai fait quelque chose avec Spielberg et j’obtenais le job. Cà avait plus de valeur avant que l’épisode ne sorte. Puis, Sean Penn m’a embauché pour tourner dans At Close Range. Ensuite, j’ai fait Stand By Me.  Je n’ai jamais arrêté de travailler depuis.  PLAYBOY : Quand avez-vous finalement déménagé de votre voiture ? playboysarahjessicaparker.bmp

SUTHERLAND : Autours de 1986, j’ai fini par emménager avec Robert Downey Jr et Sarah Jessica Parker. Nous vivions au-dessus de la maison de Charlie Chaplin – Très prophétique pour Bobby, qui interpréta le rôle de Chaplin plus tard – Nous étions cinq, avec Billy Zane et un autre acteur, Tom O’Brien. J’ai rencontré Billy Zane comme tous les autres ; lors d’un feuilleton télé qu’on a fait ensemble appelé, Brotherhood of Justice, et qui n’était pas très bon. Quand nous sommes revenus à Los Angeles, j’ai commencé à traîner dans le coin et j’ai finalement décidé de m’installer là. C’était comme Melrose Place.  Nous avions 18, 19 ans, beaucoup de personnes du milieu nous disaient que nous n’étions pas capables d’y arriver. Bobby n’était pas là la plupart du temps parce qu’il faisait le Saturday Night Live. Et Sarah travaillait aussi. Moi, je suis resté là deux ans et demi. 

PLAYBOY : Alors vous viviez gratis pendant deux ans et demi ? 

SUTHERLAND : Ils avaient une chambre extra, j’y allais tellement souvent que c’était devenu l’endroit où je posais mes affaires. Sarah avait un chat, on s’en occupait quand elle partait.  PLAYBOY : Quand plus tard Robert Downey a commencé à avoir des problèmes, étiez-vous toujours en contact ? playboyrobertdowney.bmp

SUTHERLAND : Nous avons dérivé chacun de notre côté, mais je me soucie beaucoup de lui. C’est l’une des personnes les plus talentueuses que j’ai jamais connu. La pire des choses que vous puissiez dire de nous, et je m’inclus dans le lot, c’est que nous sommes restés de vrai gamin. Il y a quelque chose de merveilleusement enfantin chez Bobby et j’espère que ça restera, parce que ça fait partie de sa magie en tant qu’artiste. Je n’utilise pas ce mot à la légère. Je ne me prétends pas moi-même être un artiste, mais Bobby, c’en est un. 

PLAYBOY : Qui d’autres parmi vos pairs considérez-vous comme un artiste ? 

SUTHERLAND : Sean Penn,  est la raison principale pour laquelle je suis venu ici. Penn et Tim Hutton nous ont ouvert les vannes à nous autres après leur film Tapes. Avant çà, vous aviez des acteurs plus vieux, comme John Travolta, avec Grease. Puis tout d’un coup, Sean Penn fit Fast Times at Ridgemont High, qui montrait desplayboyseanpenn.jpg moments vraiment marrants mais d’autres plus sérieux aussi ; Jennifer Jason Leigh a échappé à une tentative de viol collectif dans une pirogue. Penn a été brillant dans ce film. Dans un même temps, il a fait « Tapes », qui est à 180° à l’opposé, et il est absolument brillant pour çà. La scène où il porte Tim Hutton à l’extérieur du bâtiment est étonnante. En tant que jeune acteur, je voulais être aussi bon que ces gars-là, Sean spécialement, parce qu’il faisait passer tant de chose physiquement. J’étais impressionné pas seulement sur son effort de jeu d’acteur, mais aussi de sa consistance. Quand nous avons fait At Close Range, d’ordinaire nous nous retrouvions pour discuter avant de commencer, mais j’ai remarqué un jour qu’il était vraiment silencieux, en retrait, je lui en ai parlé un peu plus tard et il a dit qu’il avait  l’habitude d’être toujours excité sur un ensemble de choses, sortir et parler avec tout le monde, mais au moment où il doit faire sa scène, il n’avait plus d’énergie. Il a appris que certains jours, il devait rester seul afin de pouvoir canaliser son énergie et la mettre au profit de son travail. Je pensais que c’était pas con et j’en ai tiré des leçons.  PLAYBOY : C’était comment de jouer avec Jack Nicholson dans A few Good Men ? 

SUTHERLAND : Nicholson a refait en cinq prises, la scène de la cour de justice et, toutes passaient. Chacune était différente. L’assemblée était en suspens. En tant que jeune acteur morveux, je pensais, Jack Nicholson joue Jack Nicholson, c’était vraiment une chose très conne à dire. J’ai regardé comment Jack Nicholson travaillait dur pour être Jack Nicholson. J’ai adoré regarder la manière dont il faisait marcher l’ensemble : s’assoit sur la chaise, tourne autours, la caméra commence à tourner, et il était absolument tout sur le jeu d’acteur. Quand il a fini et qu’il est sorti, tout le monde est venu, « Holy, merde, tu as vu çà » et on en a parlé pendant des jours. 

PLAYBOY : Vous avez dit que vous n’étiez pas un artiste, est-ce qu’il n’ y a aucune forme d’art dans le fait de jouer dans une série comme 24 ? 

SUTHERLAND : Après le 11 septembre, quand nous avons regardé ces pompiers, ces flics, les ouvriers du bâtiment, les docteurs, les urgentistes  se battre pour sauver des vies, ils semblaient tous avoir tous un but. Et moi, qu’est-ce que je fais ? Je joue pour gagner ma vie. J’ai commencé à me questionner, Qu’ai-je fait de ma vie ? Durant une semaine je me suis sentis inutile, je séjournais à l’hôtel parce que je vivais toujours au Canada. Nous avions diffusé quatre épisodes, et j’ai pensé que c’était carrément stupide. Un gars est venu vers moi et m’a dit, «  Hey mec, j’ai regardé ta série, c’était impressionnant », j’ai pensé, comment diable pouvait-il me dire çà, à un moment pareil ? Et c’est alors que ça m’a frappé, le fait qu’il était tout aussi important de faire n’importe quoi pour redonner de l’espoir aux gens un sentiment de sécurité et même s’il ne s’agit que d’une heure. Juste donner un peu d’oxygène à nos vies. Je suis content de çà.    logoplayboy.jpg

 playboy.jpg playboy1.jpg playboy2.jpg playboy3.jpg playboy4.jpg playboy5.jpg    Merci à JennyAlice pour la matière première (MONKIEF)

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Un Kilt peut en cacher un autre les soirs de pleine lune

Posté par kiefersutherlandnews le 8 avril 2011

Resquilleur

Chris Noth, Kiefer Sutherland révellent au public lors d’une soirée de charité, ce qui se cache sous un kilt

 Jeudi 7 avril 2011, 04h00

From left to right, Brian Cox, Kiefer Sutherland, Chris Noth and Jim Gaffigan walk the runway at the 9th Annual Dressed to Kilt charity fashion show at Hammerstein Ballroom.

Walker/Getty Walker / Getty

De gauche à droite, Brian Cox, Kiefer Sutherland, Chris Noth et Jim Gaffigan défilant lors de l’assemblée Dressed to Kilt neuvième défilé de mode de charité au Hammerstein Ballroom.

The men wore their kilts in the traditional Scottish manner – sans undergarments.

Walker/Getty Walker / Getty

Les hommes portaient leurs kilts écossais à la manière traditionnelle – sans sous-vêtements.

La collecte de fond lors de la soirée de charité annuelle « Dressed to kilt » organisé par  Sean Connery pourrait bien être renommé par « du déshabillé à l’effeuillage ».

L’annulation de dernière minute de la présence de l’ancien James Bond à la cérémonie, a été à peine  remarquée mardi soir, à cause d’un défilé très virile et rempli de testostérone de l’équipe   « That’s championship season » et  a laissé après son passage à cette soirée, qui d’ordinaire très spirituelle, beaucoup  de langues pendantes .

Kellie Pickler , Donald Trump et Amy Grant étaient  les célébrités présentes et qui étaient attendues à la fête de charité au Hammerstein Ballroom , au bénéfice des Projets des blessés de guerre de Paralyzed Veterans Association of America .

Mais c’était Brian Cox , Jim Gaffigan , Chris Noth , Jason Patric et Kiefer Sutherland qui ont marqué très fortement l’esprit du public.

Les cinq hommes qui sont mis en vedette dans une pièce de Jason Miller , ont clos la cérémonie du thême écossais  » la campagne chic » par un défilé de mode en kilt traditionnel conçu par le designer écossais Glenisla.

 Lorsque le quintet est arrivé au bout de la piste, où plus de 20 photographes attendaient pour fixer ce moment sur la pellicule, le quintet s’est tourné et avec un sourire espiègle, ont tous levé leurs kilts et montré au public leur «pleine lune».

Mais parce que les hommes portaient leurs kilts à la manière traditionnelle écossaise – c’est-à-dire sans sous-vêtements – le public a eu droit à tout un système solaire  – et a pu distinguer un petit tatouage bleu sur le derrière de Patric.

Particulièrement impressionné par Noth, le jury féminin - y compris ses propres invités Griffith Carson et Cayte Grieve du magazine BlackBook  - ont fait un rappel de son train d’atterrissage.

Et alors que « Sex and the City s ‘«Mr. Big quittait la piste, les dames ont  lâché quelques sifflets incitant Noth à se pencher une deuxième fois et secouer ce que sa mère lui avait donné à  sa naissance. Nous n’allons pas citer de noms, mais certains hurlaient en applaudissant tandis que d’autres se cachaient leurs yeux.

Noth et les autres membres de la distribution ne sont pas les premiers à se mettre nu sur la piste. Les « Trois Ténors », un groupe de chanteur écossais, se sont également illustrées dans un commando – et ont convaincu quelques uns assis  dans la première rangée qu’ils étaient vraiment des barytons sous leur déguisement.

 Le trio s’est dirigé vers le bord de la scène et a commencé à ammusé les juges ci-dessous avec une série de déhanchements pelviens et en par des sauts, ce qui a incité le maître de cérémonie à constater que «nos juges dame ont vu plus que les Trois Ténors. »

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Seul dans le noir avec Kiefer Sutherland

Posté par kiefersutherlandnews le 5 avril 2011

Seul dans le noir avec Kiefer Sutherland dans ACTUALITE 799790rolling_stone_couverture
 

 Sauvant le monde heure après heure, semaine après semaine,la star de « 24 » est le dernier héro américain, mais…., que se passe-t-il  lorsque l’horloge s’arrête ? 

Seul dans le noir avec Kiefer Sutherland

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Par Erik Hedegaard  Photographié par Sam Jones Rolling Stone, le 20 avril 2006 

En ce moment, Kiefer Sutherland exprime une certaine impatience  de voir le jour où les créateurs de la chaîne Fox TV, feront de son personnage, Jack Bauer, ce qu’ils ont déjà fait à tant d’autres auparavant : le tuer, brutalement, mais avec quelques larmes. 

 « Ne vous méprenez pas, dit-il.  » «J’aime ce que je fais. » Mais voilà,  il a 39 ans, un peu désenchanté et pas mal fatigué.  Ces cinq dernières années ont été très éprouvantes pour lui, sur les dix mois de chaque saison travaillée, il a emmagasiné un rythme intense de 14 rollingstonesphoto2.jpgjours de travail pour la série, circulant un flingue à la main, avec un regard qui vous glace le sang, une voix d’une force incroyable, sauvant le monde avec des méthodes peu orthodoxes qui peuvent paraître cruelles mais qui se révèlent malgré tout très efficace.  Il n’a pas de petite amie dans sa vie, pas d’affection ou toutes autres libertés de ce genre. Parfois, il a même le sentiment d’être piégé, enfermé. Alors, arrive ce qui doit arriver, il se réfugie dans une bouteille de scotch offrant un piètre spectacle de sa personne. 

« Il y a une certaine limite jusqu’où vous pouvez aller, merde  » dit-il un jour à Los Angeles. Le  quartier de Silver Lake, où il vit, c’est un peu miteux, c’est une usine sidérurgique désaffectée qui s’étend sur un grand espace « c’est égoïste et égocentrique et c’est une chose dangereuse que de penser que si vous travaillez très dur, vous méritez certainement le droit de pouvoir  faire la bringue en sortant et de vous prendre une cuite. Je devrais être capable de pouvoir me réveiller un matin sans me dire, «Oh, non!  Où sont mes chaussures? Ou « Où suis-je? Ou «Un de vos amis n’a pas ramené  ma voiture à la maison, n’est-ce pas » Ce n’est pas une très saine façon de vivre, et je ne veux pas vivre comme ça. Mais c’est ce mode de vie que vous finissez par adopter. «  

**** 

J’ai lu une fois, qu’en public, Kiefer a laissé comme impression « une sorte d’illusion, une  convivialité en surface mais qui semble cacher quelque chose d’autre.  Cette impression fut également le cas pour son célèbre père, une figure de proue en tant qu’acteur, le grand Donald Sutherland, qui a marqué de son empreinte le cinéma, avec des films comme M * A * S * H ​​et Klute.   Certes, ils ont le même regard, avec leurs étranges, lobes d’oreilles basses en bandoulière, leurs joues  joufflues et leurs sourires espiègles de travailleur acharné. Mais, rollingstones6.jpgd’aussi loin que l’on puisse aller dans la comparaison, je trouve son fils étonnamment franc , prêt à parler courageusement de tout ce que vous voulez parler avec lui – ses deux mariages ratés, son malheureux mariage manqué en 1991 avec Julia Roberts, sa disproportion pour les aliments d’une certaines textures, et un assortiment d’autres assez bouleversants, y compris ses démêlés avec  un sapin de Noël un soir de beuverie, mais aussi son (ancienne) tendance à vouloir se battre dans les bars, c’est une partie de sa vie, juste avant 24, quand il débitait en série de très mauvais films juste pour l’argent. 

***** 

Puis, vient le moment, où il me guide à travers sa collection de guitares vintage qu’il adore (une ’59 Les Paul, une Telecaster ’67,  une ES335 ‘68 et environ cinquante-cinq et plus) et en me racontant  des choses sur la guitare-nerd, tel que « regarde, celle-ci, j’ai obtenu un commutateur Jimmy Page, pour que je puisse avoir un double-bobine pick-up ici et ici une seule bobine et rediriger tout le long. Cela donne une qualité sonore juste incroyable ! «  

Et puis, quelques instants plus tard, après avoir laissé courir ses doigts sur les cordes d’une de ses guitares acoustiques Hendrix, il me dit, « Tu as envie de sortir? Je t’emmène en métro. C’est comme ça que je me déplace. Nous pouvons boire un verre comme ça !, parce que je ne peux pas conduire… «  

« Vous ne pouvez pas? »  Dis-je. 

« Noooon, dit-il.  » « Ce serait mauvais. » 

********* 

Tout gamin, il a été jeté dans ce monde.  Une minute auparavant, il est en train de naître en Angleterre, son extravagant de père annonce son entrée dans la vie en lui affublant  le nom tout aussi extravagant de Kiefer William Frederick Dempsey George Rufus Sutherland, et la minute suivante il vit à Los Angeles.  Il  a trois ans. Sa mère, l’actrice canadienne Shirley Douglas, et son père ne s’entendent pas. En fait, son père entretenait une relation avec Jane Fonda. Le mariage se dissout. Sa mère s’en va, laissant Kiefer et sa sœur jumelle, Rachel, derrière. 

C’est à cette période que Kiefer acquiert  son premier réel  souvenir  de son père. Lui, plus grande star de cinéma que dans la vie, porte ses cheveux longs, sauvages et ébouriffés, avec une grande barbe emmêlée. Un manteau en cuir qui lui comprime les épaules. Il conduit son fils à l’école maternelle dans une Ferrari,  qu’il a gagné au cours d’une partie de poker. Son père est « différent » des autres papas. Il attire le regard des autres parents. Kiefer aime la façon dont ils le regardent et, lorsqu’il atteint sa vingtième année, il décide de se déguiser  comme son père, afin d’attirer sur lui les mêmes regards, mais la différence est qu’il roule en Porsche 911 de 1970, pas en Ferrari. 

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Au cours de ses dix prochaines années, il connaît sept écoles différentes, apprend à se faire des amis en faisant rire les autres enfants. Il est anxieux et nerveux, alors il compense ce mal être par de l’humour, il n’est  pas un très bon élève. Aussi, à quinze ans, il abandonne les études, déterminé à être un acteur, et ce malgré les réticences habituelles des parents. Peu de temps après, il est en  tête d’affiche d’un film, où il incarne un personnage qui a le même âge que lui, The Bay Boy, Kiefer est nominé pour le Génie Award, l’Oscar du Canada. Avec un salaire de 30.000 dollars en  poche, il décide de descendre sur New York et veut vivre la vie d’acteur. Un an plus tard, presque à sec, il déménage à Los Angeles et durant quelques mois, il vit dans sa douce Mustang de 67. En 1985, il obtient son premier rôle dans un film, à Hollywood, avec Sean Penn: un petit rôle dans « At Close Range »  « comme un chien enragé » (avec  comme slogan: « tel père tel fils tel enfer… »),  la plupart des acteurs viendront se retrouver dans la salle de montage. Vers la même époque, il  obtient un rôle dans un feuilleton TV de Steven Spielberg « Amazing Stories », et, comme il aime à le dire: «Quand Steven Spielberg vous engage, c’est bon pour trois emplois faciles. » Et ce fut le cas, d’abord dans la peau d’un chef de gang dans Stand by Me, puis dans celui du plus sexy et peu orthodoxe vampire jamais vu dans The Lost Boys et pour finir dans la peau d’ un cow-boy romantique dans Young Guns. 

A ce moment-là, il pense: «Eh bien, c’est facile. Je suis très bon. Et ça va tout simplement continuer. » 

Il avait vingt et un ans. Que pouvait-il penser d’autre? 

Mais ce qui m’intéresse le plus dans cette période de la vie de Kiefer ce sont ces six premiers mois qu’il a passé, séparé de sa mère. Il dit que ce n’est pas une grosse affaire – « Il n’était pas inhabituel pour un membre de ma famille de s’en aller pendant un certain temps » – mais il est logique que vous vous posiez la question. 

Je lui demande s’il sait où elle est allée. 

« Je pense qu’elle est peut -être rentrée au Canada pendant un certain temps. » 

Donc, il ne lui a jamais demandé d’explication sur ce sujet…. 

 «Et avez-vous déjà parlé à votre père au sujet de son aventure avec Jane Fonda? 

«Non» 

 «Qu’imagineriez-vous ce qu’il vous dirait au cours d’une conversation comme celle-là? » 

“Il me répondrais certainement qu’il est tombé amoureux. Je comprends ça, ce sentiment de passion qui vous faite croire si fortement et passionnément en l’autre, c’est une grande expérience, c’est impossible de juger quelqu’un sur ça. «  

Cà, bien sûr, c’est  l’adulte qui porte un regard en arrière sur  l’enfant. Comment à l’époque  l’enfant a-t-il pu se sentir, et comment ses sentiments ont-ils pu influencer sa vie plus tard. 

Kiefer ne se livre pas et ne dit rien là-dessus. 

* * * * * * * * 

Ces temps-ci,  il a choisi de vivre principalement dans le quartier  salvadorien, et une nuit là-bas, alors qu’il promenait son chien, un border collier nommée Molly, il a été tenu en joue, un flingue contre sa tempe. 

Son duplexe est immense, d’une dimension de presque un quart d’acre, les pièces ne sont pas séparées des unes aux autres, mais sont laissées grandes ouvertes, avec seulement un demi mur pour cloisonner la zone de couchage. En me faisant visiter, il me dit, «Il m’a fallu un certain temps pour m’habituer à dormir dans une grange. Kiefer a parfois conduit une sorte de vie désordonnée, mais son domicile montre au contraire un attachement quasi obsessionnel à l’ordre. Chaque chose doit être à sa place. Son lit est fait et attend fraîchement d’être défait, le paquet de Camel sur la table de chevet a été fixé parfaitement et avec exactitude dans les coins. Pas de vaisselles sales ou de miettes de nourriture dans son évier de cuisine. Sa collection de guitares est soigneusement rangée en fonction de la marque et le style de carrosserie. 

Au cours d’une discussion sur ses nombreux et éventuels défauts, il apparait que son obsession à la propreté est l’un de ses principaux défauts en tant que petit ami. 

« Je pense que je suis une personne assez exigeante, dit-il. «J’aime que les choses soient d’une certaine manière, qu’elles soient à leur place. Je n’ai pas fait preuve de souplesse à cet égard. Je veux dire, comme j’ai vieilli, j’ai espoir de devenir beaucoup plus flexibles. Mais, bien sûr, je vis seul. «  

 «Et ce désordre vous dérange? »  lui demandais-je. 

«J’ai invité l’équipe de  24 à dîner un soir et j’ai entendu dire que Reiko Aylesworth, qui a joué Michelle, a déclaré : « Il est si gentil qu’il a nettoyé son appart’. « Et Quelqu’un d’autre aurait dit, «Il ne l’a pas nettoyé pour vous, ma douce.  C’est toujours nettoyé.  Et sa réponse fut :  “Owwww, Mais c’est vrai qu’il y a tellement de désordre dans tout  ce que nous faisons, alors si vous pouvez contrôler votre environnement à la maison, hé bien…  vous le faites. «  

«Ça fait un peu bizarre de marcher dedans », dis-je. 

« Ouais? » dit-il avec un sourire. 

* * * * * * * * 

Pourquoi est-ce que la série 24 a atteint le niveau qu’elle connait aujourd’hui et ce depuis  2001, elle a gagné et a été  nominée pour des dizaines de prix, encensée par les critiques et a dominé l’audience dans son créneau horaire – Kiefer n’est pas vraiment sûre, mais il a une théorie : «Les gens réagissent à un gars qui est pris au piège et parvient à gagner à un certain moment et échoue à  un autre. » 

Ce n’est rien de le dire, mais c’est probablement aussi vrai pour Kiefer lui-même. 

Par exemple, le problème majeur avec une émission à succès,  comme celle de 24, est que vous suscitez un vif intérêt auprès des filles – Pour une nuit occasionnelle et ainsi de suite – vous finissez par perdre pied. Ce fut souvent le cas  pour Kiefer, et   il déplore ce fait. 

«J’ai eu une relation sexuelle occasionnelle, mais ce n’est tout simplement pas dans ma nature, dit-il. «Je pense que je suis beaucoup plus romantique que cela. Je préfère une relation faite d’échange et basée sur une réelle attirance. Sinon, vous pourriez tout aussi bien rentrer chez vous  et vous masturber. En fait, il y a quelqu’un que  j’aime beaucoup. Mais, j’ai le sentiment que je ne fais que travailler et dormir. Si vous êtes juste là ensemble, vous êtes  bien. Mais si vous êtes dans  l’espoir de tomber amoureux, vous êtes de la viande morte. C’est foutu pour vous et pour ce qui va se passer. Vous allez tomber en morceaux, à ne pas faire. » 

« Vous avez jamais été voir un psy? » lui demandais-je, à propos de rien, vraiment. 

« Oh, ouais, dit-il immédiatement. «La première fois j’avais sept ans, parce que ma mère craignait que je puisse être perturbé par les problèmes dans notre famille. » 

« Et là? » 

 «Je ne le crois pas. D’autres personnes pourraient vous dire le contraire. Mais je ne pense pas que ce fusse le cas. » 

Et pourtant, il semble motivé à vouloir  réussir là où ses parents n’ont pas pu et, comme eux, il a toujours fini par échouer. La première fois qu’il s’est marié, il avait vingt ans, avec  l’actrice Camelia Kath – ils eurent une fille, Sarah Jude, elle a maintenant dix-huit ans -, mais le mariage a duré moins de deux ans, il se serait effondré car il ne parvenait pas à rester en dehors des bars et des bras d’autres femmes. Il renouvela l’expérience, là encore, en 1996, avec l’ancien top modèle Kelly Winn, mais se sépare au bout de quatre ans, pour essentiellement les mêmes raisons. Et puis entre ces deux unions, il y a eu ces malheureuses fiançailles  avec  Julia Roberts, qu’il a rencontrée en tournant dans  « Flatliners », « l’expérience interdite » en 1990. Ils étaient le dernier couple people à la mode d’Hollywood, le Brad et Angelina du jour. Cependant, trois jours avant leur mariage, elle a annulé et s’est envolé pour l’Europe avec le meilleur ami de Kiefer, Jason Patric, déclenchant une vague de violence assez sanglante dans la presse, selon elle, Kiefer aurait eu une relation avec une strip-teaseuse, ce qu’il nie – et dit que toutes les histoires autour de l’affaire, aurait été un grand, grand gâchis. 

 «Je félicite Julia d’avoir vu à quel point nous étions jeunes et stupides, même à la dernière minute, même si  cela a été douloureux et aussi difficile que cela a été, » me dit-il un jour.  « Dieu merci, elle le vit à temps. » 

« Avez-vous pardonné à Jason Patric? » 

« Il ne s’agit pas de cela. Nous étions amis, et je suis surpris de n’avoir  jamais reçu un appel de lui pour me dire : je suis tombé amoureux da-da-da. Au lieu de cela, je l’ai appris d’un étranger. » 

«Votre père vous a-t-il donné quelques conseils? » 

« Je pense qu’il est passé et m’a dit quelque chose comme « Oh, fils … «  

Depuis lors, il n’a pas revu Roberts, il ne l’a pas appelé pour la féliciter pour la naissance de ses jumeaux. 

The Repports a suggéré qu’elle était fâchée sur ce sujet.  Mais pourquoi devrait-elle l’être? Pour  ce qui s’est passé  il y a quinze ans. Vous avez vécu depuis.  Kiefer, pour sa part, ne pense pas renouveler l’expérience du mariage. 

* * * * * * * * 

Qu’est-il arrivé à sa carrière au cinéma après le « volet Julia » qui a laissé une grande part de perplexité. Il a été un  Marines dans  « A Few Good Men » « Des hommes d’honneur » (1992), un membre du KKK  dans « A Time to Kill » « le droit de tuer »(1996) et dans la peau d’un tueur en série dans Freeway (1996). Mais il apparait aussi dans de nombreuses niaiseries, comme The Cowboy Way (1994), sans parler de beaucoup de merde totale, qu’il a faite juste pour l’argent, et les noms dont il a été réticent à révéler sont (Renegades? Chicago Joe et la showgirl?). Confus et révoltés par sa propre vénalité, il se retira dans un ranch de bétail, qu’il a acheté en Californie dans la vallée de Santa Ynez. Curieusement, il a décidé de s’exercer au maniement du lasso, avec son partenaire, un cordier /cowboy professionnels sous le nom de John English, et de développer ses compétences au point de participer à des  circuits des compétitions de rodéo et en gagne même un certain nombre  (à s’en rompre tous ses doigts). Puis, en 2000, il a reçu un appel de son ami Stephen Hopkins, un réalisateur britannique qui travaillait sur le pilote d’une émission expérimentale de télévision, appelé 24, qui doit se dérouler en temps réel.  Était-il intéressé par le projet?  Kiefer ne voit pas ce qu’il pourrait y perdre.  Si le pilote n’a pas de succès, personne ne le verrait. Si ce n’est pas le cas, et que ça marche, peut-être qu’il  aura  un travail à faire pendant  un an ou deux. 

 « Mais, ça a suscité  aussi l’une de ces choses bizarres, dit-il. «Quand 24 est devenu le succès qu’on connaît, les gens ont commencé à dire des choses comme, «Comeback ceci, et, «ressuscité d’entre les morts. » Au début, j’étais comme, « ressuscité d’entre les morts putain? C’est quoi ce bordel, qu’est-ce que ça veut dire?  » Mais parfois, vous n’avez pas le recul nécessaire qu’il vous faudrait pour réaliser le type de situation où  vous êtes. » 

rollingstonesarticle8.jpgMais, il a fait d’autres choses que simplement la série 24. Il y a son nouveau film, The Sentinel, avec Michael Douglas qui joue un agent des services secrets pris dans un complot visant à assassiner le président. De plus, il a lancé un label, Ironworks Music, avec son ami Jude Cole, qui vient de sortir un disque avec le premier groupe qui a signé sous son label, Rocco DeLuca and the Burden.  Et puis, bien sûr, il y a le malaise qui suit chaque fois qu’il tente de se défouler et de trouver l’équilibre dans une bouteille de scotch. 

Le problème a toujours existé, sous une forme ou une autre. Par le passé, il y a eu des arrestations pour conduite sous influence et des épisodes assez cocasses en compagnie d’autres peoples arrêtés pour la même chose, comme avec l’acteur Gary Oldman en 1991. Commençant à rire, Kiefer dit: «Ils ont été pour  lui passer les menottes et il était à genoux, juste au  niveau de la vitre de la voiture où j’étais. Il avait la tête baissée et il leva les yeux et il dit, « D’accord. Peut-être que la prochaine fois nous irons déjeuner.  » Ce fut le type le plus cool dans la lignée de Luke la Main Froide J’ai juste aimé sortir avec lui. Mais c’était il y a longtemps. «  

Il a aussi été dans un certain nombre de bagarres dans les bars, y compris celui où un gars a insulté sa femme («il a léché son pied ») et il s’est un peu emporté… «J’ai continué à frapper, frapper, frapper, frapper, frapper. » Ne m’arrêtant plus  putain, parce que je ne voulais pas que ce type se relève. » Je me suis senti très mal après cela. Je me souviens avoir pensé que la vie est trop courte pour se comporter comme ça. «  

Pour la plupart, Kiefer est connu comme un  boute-en-train qui s’enivre. Une fois, il s’est jeté dans la piscine de l’Hôtel Beverly Hills, tout habillé, pour  déclencher l’hilarité du public. Une autre fois, selon les tabloïds de la presse, il a descendu en  huit coups une bouteille de J & B Scotch dans un bar, a retiré sa chemise et la faisant tournoyée en l’air, il s’est mis à danser devant les genoux d’un mec. Mais l’épisode le plus emblématique est peut-être celui qui a eu lieu au Noël dernier, à l’intérieur de l’Hôtel Strand Palace à Londres. 

« Après un marathon d’alcool « bender » avec des copains», écrit le Sunday Mirror « , un immense arbre de Noël a retenu l’attention de [Kiefer]. ‘Je déteste ce putain de sapin de Noël», a-t-il déclaré. « L’arbre à abattre. » ‘ Kiefer a averti le personnel: «Je suis en train de casser – puis-je payer pour cela? Un membre du personnel a répondu, «Je suis absolument sûr que vous pouvez, monsieur. » alors il s’est  jeté  dans l’épinette de Norvège, en envoyant les boules et les illuminations s’écraser au sol ….,  les aiguilles se sont plantées dans ses cheveux et son T-shirt, il dit à un employé de l’hôtel, « Oh, désolé … vous êtes trop cool. C’est un putain d’hôtel rock ‘n roll ! «  

Kiefer dit que sur ce point c’est  une description assez précise mais conteste seulement  ses déclarations. «Je n’ai rien dit, dit-il « et c’est ce qui était drôle. C’était une plaisanterie, faite pour faire rire quelqu’un. Et l’arbre était beau….  Il était beau ! «  

« Est-ce que la boisson est votre comportement le plus auto-destructeur? »,  Je lui demande, s’il  connaît la réponse. 

 «Il est absolument celui qui me cause le plus de douleur. » 

« A cause de quoi vous vous enivré ou, est-ce parce que vous avez un problème d’alcool? » 

Il considère la question pendant un instant. «Je dirais un peu des deux. Et parce que je suis une personne publique, j’ai honte pour ma mère et ma famille et, plus spécialement, ma fille. C’a été le plus gros problème pour moi.  Lorsque, j’ai quelques verres devant moi, je ne suis pas tellement inquiet pour demain et je ne pense pas à hier. Je suis dans ces moments-là, et je ne m’intéresse à rien d’autre, et c’est tout. C’est ce qu’on peut lire dans le manuel des buveurs à problèmes. Et je ne suis pas stupide. Je sais que c’est ma faute, en général c’est dans un effort pour faire rire quelqu’un. Et puis, le lendemain, je dis, «Oh, Dieu, ne me laissez pas faire cela à nouveau. » Alors, pourquoi dois-je le faire encore? Et encore? Et encore? «  

Il laisse la question en suspens.  Il semble vraiment exaspéré. Je lui suggère l’idée que son  comportement de grand gamin a certainement pour but d’épater sa nouvelle bande de potes en les faisant rire. 

«Ouais, dit-il. « Mais, vous voulez certainement dépasser ces moments-là, vous ne pensez pas?  Il faut aller de l’avant. » 

* * * * * * * * 

Et c’est une autre chose qui est génial chez Kiefer: Il ne cherche pas à cacher ou à ajuster auprès de son public ses différentes consommations, ses particularités, ses situations embarrassantes et leurs contradictions.  Il dit des choses comme, « Le dernier film j’ai pleuré ? Oh, putain. Oh, je vais être honnête avec vous. Oh, putain, je ne sais pas si je peux. Oh, bien. Je pense que c’est l’amour, En fait. Ouais. Je ne suis pas plus différent que quiconque. «  

Il a aussi un  « problème de texture » avec  la nourriture et dit des choses comme, «l’avocat a pour habitude de me donner une crise, je n’ai jamais aimé le fromage et les œufs qui coulent, ils me donnent envie de vomir. Il dit que parfois, il appelle son père «papa», mais surtout il l’appelle, « Hey », comme dans, « Hey, qu’est-ce que tu fais? » 

Il aime à raconter cette histoire sur son père: «À un moment donné avant le divorce, nous n’avions pas d’argent, et sa seule paire de pantalons avait un trou, mais ma mère n’est pas une dame au caractère très facile, et il était nerveux à l’idée de lui demander de le recoudre. Alors, où est l’arnaque !, et bien, il a juste peint son cul en noir pour être raccord avec son pantalon. C’est son sens de l’humour.  » Alors, il vous dira que, comme son père avant lui, il choisit souvent de ne pas porter de sous-vêtements sur lui. 

Il n’a jamais, jamais essayé d’arrêter de fumer. 

Pour le premier tatouage qu’il s’est fait, il a réduit ses choix sur un caractère chinois qui signifie la force et Mickey Mouse avec un casque spatial, avant de revenir sur l’ancien.

rollingstonesarticle9.jpgIl a une fois entendu dire que quelques collégiens fan de 24  avaient développé un jeu sur l’alcool dans lequel  à chaque fois que Jack Bauer dit: «Merde», ils buvaient un coup, puisque  l’émission a substitué les mots  «foutre» par «merde». Donc, pendant un épisode, dans une scène, il prit sur lui de dire « Merde » trois fois de suite, « Boom, boom, boom. Et ce fut juste l’histoire d’une scène.  A la fin, il a dut y avoir au moins quatorze de ses Damn it. Et il ajoute «  je pouvais voir tous ces jeunes collégiens dirent, «Oh, putain! »  » «   Il ne possède que deux miroirs dans sa maison. « J’ai toujours pensé que mon regard dans le miroir est différent de l’image que j’ai de moi. J’ai eu un vrai problème avec ça, quand j’ai vu Stand by Me,  J’ai  pensé que j’avais ruiné le film. Je voyais clairement ce que je voulais donner à mon personnage, une version rebelle à la James Dean. Et, évidemment, je n’ai rien vu de tout cela. C’était tout simplement moi. J’ai donc tendance à ne pas me regarder dans les miroirs. «  

Il appelle son domicile « la grotte » et dit des choses comme, « Au bout du compte, je ne veux pas vivre dans une  grotte pour toujours. » 

« La nuit » c’est Kiefer et là, je sévis dans quelques bars avec lui – il privilégie les lieux anti-glamour, étroits et calmes, avec principalement la population locale- il est accueilli dans chacun de la même manière. « Où étais-tu? » les barmen veulent tout savoir. Il dit quelque chose au sujet de l’agenda de 24 et commande un J & B pur, et un coca. Au cours des cinq dernières années, il a passé une grande partie de son temps entourée des mêmes personnes, principalement la distribution de 24 et  son équipe. Il dit d’eux qu’ils le connaissent bien, c’est un petit cercle de vieux amis, avec  eux il se prend rarement la tête. Mais avec moi en sa compagnie, il dit qu’il a pu réfléchir un peu plus sur lui-même, et qu’il a aimé ça. 

Il parle avec tendresse de cette première année à Los Angeles, vivant dans une maison louée par Sarah Jessica Parker, avec d’autres acteurs de fortune  Billy Zane  et Robert Downey Jr. « J’ai réfléchi à quels  jeunes nous étions, dit-il. « Certains d’entre nous, sommes allés dans un club de striptease une nuit. Quand nous nous sommes retrouvés en bas des escaliers, chacun de nous portait juste un trench-coat, au milieu de l’été, à Los Angeles. Ce fut l’idée que nous nous faisions sur la tenue à adopter pour se rend dans un club de striptease. Nous avons commencé à rire, mais aucun d’entre nous n’a retiré  cette putain de veste. «  

Il secoue la tête, heureusement… 

«Je me souviens de la première fille avec laquelle j’ai couché, poursuit-il. « Elle avait dix-sept ans, j’en avais treize. Je me souviens avoir quitté sa maison après l’avoir fait, sept fois, et je me souviens en sautant à l’arrêt du bus, avoir réalisé que je l’avais fait sept fois. » Et j’ai été littéralement violé. «  

Il secoue la tête à nouveau. 

Dehors, à la sortie du dernier bar de la soirée, le videur lui dit: «C’est une bonne chose que vous ne soyez pas encore parti. Ces filles m’ont donné des ordres, si vous partez sans qu’elles puissent poser avec vous sur une photo, je dois me battre avec vous. » 

Kiefer lève les mains.  « Ne fais pas ça! » dit-il avec humour. 

Les filles, qui se nomment Jennifer et Nicky, trébuchent sur Kiefer  afin de pouvoir poser avec lui sur des photos. 

 «Merci, leur dit-il   «Que Dieu bénisse vos cœurs. » 

Cette phrase reçoit la satisfaction de  son public. C’est l’un des dialogues  préférés de Kiefer  dans le film « Flatliners » « l’expérience interdite ».

Sur le chemin du retour en  métro, Il dit: «En fin de compte, nous savons tous ce que nous faisons. » Et puis, peut-être pour faire bonne figure, il dit que c’est finalement une fois de plus. » 

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Merci à Jennyalice de Monkief pour les infos http://mygreeg.unblog.fr/

 

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